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Full text of "Constitutions et règle de vie pour les sœurs des communautés religieuses du diocèse de Bruges"

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- — -»*^ 

CONSTITUTIONS 

ET 

RÈGLE DE VIE. 

p^ 



Cuttôïtliiïtûns 



ET 



REGLE DE VIE 



POUR LES 



Sœurs des Gommunautés religieuses 



DU 



DIOCESE DE BRUGES, 

ÉDICTÉES PAR 
^A pRANDEUR JVlONSEIGNEUR 

-y' 

ÉVÊQUE DE BRUGES. 



t 




BRUGES, 
G. De Haene, Imprimeur de l'Évèché. 

1898. 



PREMIÈRE PARTIE. 



COKSXIXUXIOIVS. 



CHAPITRE I. 

Administration des Communautés religieuses 
et des maisons affiliées. 

I. — Les Communautés religieuses sont 
soumises à la haute direction et autorité de 
Monseigneur l'Evêque. Au nom de. Sa Gran- 
deur, et sous ses ordres, une Commission, dite 
« Commission épiscopale des Couvents », est 
chargée de l'inspection des maisons religieuses 
et du soin de leurs intérêts tant spirituels que 
temporels. 

II. — L'administration générale de toute 
la Communauté, et l'autorité sur toutes ses affi- 
liations, sont confiées à une Supérieure générale, 
qui' portera le nom de Très Révérende Mère, et 
sera assistée dans sa charge par des Sœurs 
Conseillères au nombre de quatre. 



— 6 — 

Le nombre des Sœurs Conseillères sera 
porté à six, lorsque la Communauté compte 
cent religieuses au moins. 

La Supérieure générale et les Sœurs Con- 
seillères seront élues par les Sœurs de la ma- 
nière indiquée ci-après, au Chapitre IL 

IIL — Le Noviciat aura, pour autant que 
possible, sa maison distincte ou du moins ses 
locaux séparés dans la Maison-mère. Il sera 
dirigé, sous la haute surveillance de la Supérieure 
générale, par la Maîtresse des Novices, connue 
sous le nom de Tfes Révérende Sœur, mais à la- 
quelle les Novices donneront le nom de Mère. 
La Maîtresse des Novices sera nommée par la 
Supérieure générale, parmi les Sœurs Conseillères 
et d'après ce qui est statué au Chapitre III. 

IV. — La direction immédiate de chaque 
maison appartient à une Supérieure locale, 
aidée de deux Sœurs assistantes. La Supérieure 
porte le nom de Mère, et la première assistante 
celui de Mère-Vicaire. Toutes sont nommées par 
la Supérieure générale d'après les indications 
données au Chapitre IIL 

V. — Si exceptionnellement la Commu- 
nauté ne possède qu'une maison ou couvent, 
la Supérieure, désignée sous le nom de Révérende 
Mère, et deux Sœurs Conseillères seront élues 
par les Sœurs conformément aux stiptilations 



du Chapitre IL La Mère ou l'une des Sœurs 
Conseillères, nommée par la Mère, remplira les 
fonctions de Maîtresse des Novices. La Mère 
désignera aussi l'une des Sœurs Conseillères 
comme Mère-Vicaire. 

VL — La direction spirituelle est confiée 
par Mgr l'Evêque à un prêtre, à qui Sa Gran- 
deur confère ses pouvoirs et prescrit ses obli- 
gations. On le consulte dans toutes les affaires 
de quelque importance, même en ce qui con- 
cerne la direction temporelle. 

A Sa Grandeur appartient également la 
désignation des confesseurs de la Communauté 
et des Couvents. 



CHAPITRE II. 

Election de la Supérieure générale et des 
Sœurs Conseillères. 

I. — Est éligible comme Supérieure géné- 
rale, ou comme Supérieure, toute Sœur âgée de 
trente-cinq ans, ayant huit ans de profession 
et de vie religieuse irréprochable. 

Sont éligiibles au Conseil toutes les Sœurs 
qui comptent cinq ans de profession, à moins 
qu'elles ne soient exclues par mesure discipli- 
naire. 



— 8 — 

II. — Toutes les Sœurs professes ont le 
droit d'élire à l'exception de celles qui, par 
mesure disciplinaire, seraient privées du droit 
de vote. 

III. — L'élection se fait pour un terme de 
trois ans, de façon toutefois que^ Sa Grandeur 
se réserve la faculté d'anticiper ou de retarder 
l'élection, d'annuler le choix que l'on a fait, ou 
même de faire les nominations, sans procéder 
à une élection. 

La Supérieure et les Sœurs Conseillères 
sortant de charge sont rééligibles. Néanmoins la 
Supérieure, étant restée en charge pendant trois 
ans, doit obtenir, pour être réélue, les deux 
tiers des voix, à moins que Sa Grandeur n'en 
décide autrement. 

IV. — Quand une élection est prochaine, 
on prendra les dispositions suivantes : 

1. On aura soin d'avertir à temps Sa Gran- 
deur Mgr l'Evêque, afin qu'il fixe, sur la pro- 
position de la Supérieure générale, le jour de 
l'élection. 

2. Aux trois jours qui précèdent l'élection, 
on récitera en commun, soir et matin, dans 
tous les couvents, le Veni Creator et les Litanies 
de la S^^ Vierge, afin d'obtenir de Dieu que le 
choix se fasse selon sa sainte volonté. 

Le présent Chapitre II des Constitutions 



— '9 — 

sera lu aux jours susdits, pendant le dîner et 
le souper. 

3. Il est formellement défendu aux Sœurs, 
soit avant soit après l'élection, de parler ou 
de donner connaissance du vote qu'elles vont 
émettre ou qu'elles ont émis. Elles ne consulte- 
ront que Dieu et leur conscience, et n'auront 
autre chose en vue que l'avantage spirituel et 
temporel de la Communauté. 

V. — Le jour de l'élection, les Sœurs s'ap- 
procheront de la S*^ Table, à l'intention d'ob- 
tenir la bénédiction divine sur le chpix àiaire, 
et elles émettront leur , suffrage, de la manière 
suivante : 

lo. Si la Communauté n'a pas de maisons 
affiliées, ou si les Sœurs, ayant droit de suf- 
frage, peuvent toutes se réunir dans la maison 
où le vote a lieu, l'élection se fait comme 
suit : 

1. Sa Grandeur Mgr l'Évêque ou son dé- 
légué récite avec les Sœurs le Veni Creator, après 
quoi la Supérieure générale sortant de charge, 
ou la Rév. Mère supérieure de l'unique couvent, 
remettra le livre des Règles, les clefs et les 
registres de la Communauté, 

2. Pour choisir la Supérieure, chaque Sœur, 
ayant droit de suffrage, reçoit, sur billets sé- 
parés, Jes norns de toutes les Sœurs éligibles, 



lO 



à l'exception de son propre nom. Tous ces 
billets sont écrits d'avance de la même main. 
La Sœur choisit, parmi ces bulletins, celui 
portant le nom de la Consœur pour qui elle 
veut voter, et plie son bulletin de manière à 
ce qu'on ne puisse le lire. 

3. L'élection se fait en présence de toutes 
les Sœurs, et chacune, par ordre de profession, 
s'approche du Président, auquel elle remet son 
bulletin, qui est déposé par lui dans l'urne. 
Les autres bulletins, qu'elle a reçus, sont 
déposés dans une urne différente, et brûlés 
aussitôt après l'élection. 

4. Nulle n'est élue, si elle n'a obtenu la 
majorité absolue des voix, c'est-à-dire plus de 
la moitié des suffrages ; ou bien les deux tiers, 
s'il s'agit d'une Supérieure restée en charge pen- 
dant trois ans. — Dans aucune élection, on ne 
fait connaître le nombre exact des voix obtenues. 

5. Si personne n'avait obtenu le nombre 
requis de voix, on procède, de l'assentiment 
de Sa Grandeur ou de son délégué, à un 
second scrutin. Dans ce cas, on désigne, à 
l'exclusion toutefois de celle qui n'a pas réuni 
les deux tiers des suffrages, là où ce nombre 
est requis, deux ou trois Sœurs, ayant obtenu 
le plus grand nombre de voix, et celles-là seules 
sont éligibles. La Sœur qui, dans ce second 
scrutin, a obtenu le plus grand nombre de voix 



1 1 



est réputée élue. Si dans le second scrutin, il 
y a parité de voix, l'Évêque désigne pour Supé- 
rieure celle qu'il juge la plus capable, 

6. Le résultat de l'élection étant constaté, 
les bulletins sont brûlés en présence de toutes 
les Sœurs. 

7. Alors le Président fait connaître le ré- 
sultat de l'élection en disant : 

« Pour la plus grande gloire de Dieu ^ et 
(( de la Très Sainte Vierge Marie, pour le bien 
<( de cette sainte Communauté, (au nom de Sa 
<( Grandeur Monseigneur l'Évêque de Bruges), 
<( je déclare élue Supérieure Sœur N., laquelle, 
<( en vertu du pouvoir épiscopal, (qui m'est 
« confié), j'établis dès ce moment Supérieure 
« légitime de cette Communauté, pour un terme 
« de trois ans. » 

Ensuite la Supérieure élue s'agenouille de- 
vant le Président, qui lui remet la Règle, les clefs 
et les registres de la Communauté, en lui disant : 

« Recevez ces marques de l'autorité mater- 
« nelle à laquelle vous êtes élevée. Remplissez 
« vos fonctions avec sagesse, prudence et fer- 
« meté, pour le bien spirituel et temporel de 
« la Communauté, vous souvenant qu'un jour 
« vous rendrez compte â Dieu des âmes, qui 
« vous sont confiées. » Ensuite il bénit la Su- 
périeure, disant : « BenedicUo Dei omnipotentis, Pa- 
« tris et Filii et Spivitus sancti, descendat super te 
M et maneat semper. n 



12 

La Supérieure, demeurant agenouillée, pro- 
nonce la promesse suivante : 

(( Moi, Sœur N., élue et nommée, malgré 
(( mon indignité, Supérieure de cette Commu- 
« nauté, je promets d'être soumise à Sa Gran- 
« deur Monseigneur l'Evêque ; de prendre à 
« cœur, comme une véritable mère, les intérêts 
« spirituels et temporels de la Communauté, et 
« de veiller à ce que notre sainte Règle soit 
(( exactement observée dans tous ses points. » 

Alors la Mère prend place sur un fauteuil 
à ce préparé, et le Président dit : 

(( Révérendes Sœurs, venez promettre à la 
« Très Révérende Mère, maintenant élue et lin- 
<( stallée canoniquement, l'obéissance que vous 
(( lui devez comme à votre Supérieure légitime. ». 

Toutes les Sœurs, par ordre de profession,, 
s'approchent de la Supérieure, s'agenouillent 
devant elle et disent à haute voix : 

« Moi, Sœur N. , je déclare, en présence 
(; (du délégué) de Sa Grandeur Monseigneur 
« l'Evêque et de toutes mes Consœurs, que je 
(c vous reconnais et accepté pour ma Supérieure 
(( légitime, vous. Sœur N., à qui je promets 
« d'obéir, comme à notre Seigneur Jésus-Christ. » 

La Supérieure bénit chaque Sœur en lui 
disant : 

« Que la Très Sainte Vierge Marie et son 
« divin Fils nous gardent, et nous bénissent. » 



— i3 — 

Quand toutes les Sœurs se sont acquittées 
de ce devoir, la Supérieure se lève et dit : 

(( Puisque Dieu a voulu que par votre choix 
« et avec l'approbation de Monseigneur l'Évêque, 
« je sois votre Supérieure et Mère, je vous 
« demande de vouloir prier pour moi, afin que 
« je pmsse diriger notre Communauté en paix 
« et en tranquillité, .pour la plus grande gloire 
(( de Dieu, pour ma sanctification et la vôtre 
« et pour le salut des âmes qui nous sont 
« confiées. » 

Ensuite la Supérieure et toutes les Sœurs 
s'agenouillent et le Président leur donne sa 
bénédiction. 

, 8. L'élection des Sœurs Conseillères se fait 
de la même manière que celle de la Supérieure, 
et les élues restent également en fonction pen- 
dant une durée de trois ans, de inanière toutefois 
que leur mandat expire avec celui de la Mère, 
à moins que Monseigneur l'Évêque n'en décide 
autrement. 

9. A cet effet, immédiatement après la no- 
mination et l'installation de la Supérieure nou- 
vellement élue, on procédera à l'élection des 
Sœurs Conseillères. Elles sont élues à la pluralité 
des voix. En cas de parité de voix, le Prési- 
dent décide, la Supérieure générale entendue. 

Le résultat de l'élection est proclamé im- 
médiatement devant les Sœurs, et tous les bul- 
letins sont brûlés. 



— 14 — 

IIo. Si la Communauté compte plusieurs 
maisons affiliées, de sorte qu'il est impossible 
ou difficile de convoquer toutes les Sœurs, ayant 
droit de suffrage, l'élection se fait, dans chaque 
maison, de la manière suivante : 

1. Avant l'élection, on fera parvenir à sa 
Grandeur Mgr l'Évêque une liste, dressée «d'après 
l'ordre de profession et portant les noms de 
toutes les Sœurs, qui peuvent être élues 
i" comme Supérieure générale, 2^ comme Sœurs 
Conseillères. Un double de la liste sera affiché, 
pendant les trois jours de prière qui précèdent 
l'élection, dans chaque maison et ce dans un 
endroit où un silence rigoureux, tant en paroles 
qu'en signes, doit être observé. Dès que le ré- 
sultat des élections est connu, ces listes seront 
détachées et brûlées. 

2. Lejour de l'élection, immédiatement après 
l'action de grâces pour la S'^ Communion, les 
Sœurs, ayant droit de suffrage, se rendent en 
silence, chacune dans son couvent, à la salle 
de la maison, à ce déterminée. A son arrivée, 
chaque Sœur reçoit de la Mère de cette maison 
un billet de vote identique, sur lequel elle 
inscrit secrètement le nom de la Sœur, qu'elle 
choisit comme Supérieure générale. Elle reçoit 
également une enveloppe, dans laquelle elle 
enferme le bulletin, contenant son suffrage, et 
plié en quatre. Chaque Sœur ayant ainsi en-. 



— i5 — 

fermé son bulletin de vote, la Mère aura soin 
de mettre, en présence de toutes les Sœurs, 
les enveloppes fermées dans une enveloppe de 
plus grande dimension et de la cacheter, et ainsi 
seront transmis à l'Évêché les suffrages secrets 
de chaque maison. 

3. Les Très Révérends Chanoines, membres 
de la Commission épiscopale, arrêteront, après 
réception de tous les suffrages, le résultat de 
l'élection. 

Si ^'une des Sœurs a obtenu le nombre 
requis de voix, comme il est léglé ci-dessus, 
on fait connaître à la maison principale ou 
Maison-mère le nom de la nouvelle élue, avec 
prière de transmettre aux autres maisons af- 
filiées le résultat de l'élection, et de déterminer 
en même temps le jour pour procéder à l'é- 
lection des Sœurs Conseillères. 

4. Les suffrages secrets pour l'élection des 
Sœurs Conseillères, exprimés sur un seul et 
même bulletin, sont enfermés et cachetés par 
la Mère de chaque maison, comme il est in- 
diqué ci-dessus, et envoyés non plus à l'Évêché, 
mais à la Maison-mère; puis, après réception 
des suffrages des différentes maisons, on avertit 
Sa Grandeur Mgr l'Évêque. 

5. Alors Sa Grandeur, ou son délégué, 
fixe le jour où il procédera, dans la Maison- 
mère, à l'installation de la nouvelle Supérieure 



— i6 — 

générale, ainsi qu'à la constatation et à la procla- 
mation du résultat de l'élection des Sœurs Con- 
seillères, le tout conformément au cérémonial 
ci-dessus. * 

6. Si au premier tour de scrutin, aucune 
Sœur n'a obtenu le nombre requis "de voix 
pour la dignité de Supérieure générale, Sa 
Grandeur Mgr l'Évêque transmettra à la 
Maison-mère les noms de deux ou trois Sœurs, 
ayant obtenu le plus grand nombre de voix, 
à l'exclusion toutefois, s'il le juge à prox)Os, de 
celle qui n'a pas réuni les deux tiers des suf- 
frages, là où ce nombre est requis. Les noms 
des deux ou trois Sœurs éligibles étant ainsi 
indiqués, on procédera, dans chaque maison, 
et toujours de la même manière, à une nou- 
velle élection. 

7. Dans cette seconde élection, après avoir 
donné et enfermé les suffrages pour la Supé- 
rieure à élire, on votera, sur un second bulletin 
distinct, pour toutes les Sœurs Conseillères, de 
façon toutefois à ce que chaque Sœur votante 
inscrive sur son billet de vote un nom en plus 
qu'il n'}^ a de Sœurs Conseillères à élire. En 
effet, si l'une des Sœurs votantes avait indiqué 
comme Sœur Conseillère celle qui est élue Su- 
périeure, le dernier nom inscrit remplacerait le 
nom de la Supérieure, pour compléter le nombre 
des Sœurs Conseillères, 



— 17 — 

8. Les deux paquets renfermant les bul- 
letins de vote, avec désignation distincte : Supé- 
rieure, Sœurs Conseillères, sont expédiés à la Maison- 
mère, où, au jour fixé. Sa Grandeur ou son 
délégué arrête et proclame le résultat des 
deux élections et en outre procède à l'installa- 
tion de la Supérieure, le tout comme il est 
indiqué ci-desus. 



CHAPITRE III. 

Nomination aux autres dignités et aux 
différents offices. 

I. — ,La Supérieure générale, après avoir 
consulté le Directeur spirituel et avec appro- 
bation du Conseil, nomme les Mères des mai- 
sons, affiliées. Rien n'empêche qu'une Sœur 
Conseillère soit nommée Mère, pourvu qu'elle, 
sache remplir simultanément et convenablement 
ces deux offices. 

II. — La Supérieure générale désigne aussi, 
dans chaque maison, comme Sœurs Assistantes, 
deux Sœurs, dont la première remplit l'office 
et porte le nom de Mère-Vicaire. Dans les cou- 
vents nouvellement érigés, où le nombre des 
Sœurs ne peut être inférieur à trois, la Supé- 
rieure générale attendra, pour procéder à la 

2 



nomination des Sœurs Assistantes, que la Com- 
munauté compte cinq membres.. Entretemps, 
pour remplacer la Mère en cas de, nécessité 
ou d'empêchement légitime, elle nommera pro- 
visoirement l'une des Sœurs à la dignité de 
Mère- Vicaire. 

III. — La Supérieure générale, d'après l'avis' 
du Directeur spirituel et avec approbation du 
Conseil, choisit, parmi les Sœurs Conseillères, 
la Maîtresse des Novices, de façon que cette 
dernière est toujours membre du Conseil. 

IV. — La Mère., après en avoir préalable- 
ment et secrètement fait la proposition et avoir 
obtenu l'approbation de la Supérieure générale, 
fait, dans la maison qu'elle dirige, les nomi- 
nations aux fonctions et offices. 

V. — Si la Communauté religieuse n'a pas 
d'affiliations, la Mère-Supérieure remplira elle- 
même l'office de Maîtresse des Novices, ou dé- 
signera, à cet effet, une des Sœurs Conseillères, 
élues par les Sœurs, com.me il a été dit pré- 
cédemment. Elle établira également, comme 
Mère-Vicaire, une des Soeurs Conseillères. En 
outre elle choisira avec discernement des Sœurs 
bien aptes pour remplir les autres charges et 
fonctions. 

yi. — Si une Sœur devenait incapable ou 
indigne de remplir, comme il convient, l'em- 



— ig — 

ploi, auquel elle est nommée, la même autorité, 
qui l'a constituée en charge, procédera à son 
remplacement, suivant les règles prescrites et 
suivies pour sa nomination. 

S'il arrivait fce que Dieu veuille détourner 
de la Communauté) que la Supérieure générale 
ou la Mère de l'unique maison existante, com- 
mît quelque grande faute ou se rendît coupable 
de grave négligence, ou bien devînt, pour toute 
autre cause, réellement incapable d'administrer 
la Communauté, les Sœurs Conseillères en com- 
mun, et non individuellement, en feront leur 
rapport, par l'intermédiaire du Rév. Directeur, 
à Sa Grandeur Monseigneur l'Évêque, à qui 
toute décision est réservée, comme il sera dit 
plus loin dans le Chapitre traitant des devoirs 
des Sœurs Conseillères. 



CHAPITRE IV. 

Office de la Supérieure générale ou de la 

Mère-Supérieure de l'unique maison 

existante. 

I. — Le premier devoir de la Supérieure 
de la Communauté, son devoir essentiel, celui 
qui résume tous les autres, c'est de suivre 
rigoureusement les Constitutions et la sainte Règle 



20 



et de veiller soigneusement à ce qu'elles soient 
exactement observées par tous les membres de 
la Communauté, 

Elle ne peut apporter le moindre change- 
ment aux Constitutions ni à la sainte Règle ; elle 
se gardera d'introduire aucune coutume nouvelle, 
quelque bonne qu'elle puisse paraître, sans le 
consentement de Sa Grandeur Mgr l'Évêque. 
D'autre part, elle maintiendra avec soin toutes 
les bonnes coutumes, quoiqu'elles ne soient point 
prescrites par la Règle. Elle ne laissera sub- 
sister ou s'introduire aucun abus. Sont réputés 
abus, certains usages contraires à la sainte Règle 
et à l'esprit de la vie religieuse. 

II. — Dans des cas particuliers, et pour 
des motifs fondés et pressants, la Supérieure peut 
dispenser les Sœurs de l'observation de l'un ou 
-de l'autre point de la Règle. Toutefois, si cette 
dispense doit être de quelque durée, elle ne 
l'accordera point sans avoir consulté les Sœurs 
Conseillères. 

Sans autorisation expresse de l'Evêque, la 
Supérieure ne peut accorder des exemptions 
générales, par lesquelles certaines Sœurs seraient 
dispensées de tous les points de la Règle ou, 
bien toutes les Sœurs de l'un ou de l'autre 
de ces points. 

III. — La Supérieure, en tout ce qui 
concerne l'observance de la Règle, se trouve sur 



21 

le même pied que les autres Sœurs. Jamais 
elle ne fera d'exception pour elle-même; elle 
tâchera au contraire d'être un exemple d'ob- 
servance exacte et rigoureuse. Si elle a besoin 
de dispense, elle ne se l'accordera point à 
elle-même, sans en avoir préalablement donné 
connaissance au Conseil. 

IV. — La Supérieure accueillera avec bonté 
et charité les Sœurs qui viennent lui demander 
conseil; elle fera tout ce qui est en son pouvoir 
pour les instruire, les consoler et les encourager. 

Elle écoutera avec prudence les plaintes 
qui pourraient lui être faites contre l'une ou l'autre 
Consœur, et avant d'y donner suite, elle pro- 
cédera à un examen minutieux. 

Elle gardera un secret inviolable sur tout 
ce qui lui est connu de la vie passée ou pré- 
sente d'une Sœur, de ses parents ou de ses 
affaires de famille; elle en donnera seulement 
au besoin connaissance à l'autorité supérieure. 

Elle corrigera et reprendra ses inférieures, 
qui manquent à leurs devoirs, avec douceur, 
et, s'il le faut, avec sévérité, mais jamais avec 
rudesse. Si tous les moyens, employés par 
elle pour ramener une Sœur à de meilleurs 
sentiments, restent infructueux, elle consultera 
le Conseil et le Directeur, et au besoin elle 
en référera à Monseigneur l'Evêque. 

Elle veillera à ce que, sous le rapport 
temporel, les religieuses des différentes maisons" 



22 — 

soient convenablement soignées, mais avant tout 
à ce que les Sœurs malades ne manquent ni 
de consolations, ni de secours corporels et 
spirituels. 

V. — • En général, pour ce qui est des affaires 
temporelles de la Communauté, la Supérieure 
agira en bonne mère de famille, en admi- 
nistratrice prévoj^ante. 

I. Pour que tout se fasse régulièrement, 
elle tiendra les registres suivants : 

lo Un inventaire de tous les biens im- 
meubles de la Communauté et de ses affilia- 
tions, ainsi que des biens meubles et des va- 
leurs, qui appartiennent à la Communauté (non 
pas des meubles de chaque maison, dont il sera 
question plus loin), et en outre de toutes les 
créances et dettes de la Communauté. 

2° Un journal où sont annotées avec soin, 
jour par jour, toutes les recettes et toutes les 
dépenses, ordinaires et extraordinaires, qui con- 
cernent l'administration générale de la Commu- 
nauté. 

3° Un registre où sont inscrites les Sœurs 
professes avec leurs noms de famille, de baptême 
et de religion, le lieu et la date de leur nais- 
sance, le jour de leur entrée, de leur vêture, 
et de leur profession, ainsi que la date de leur 
décès. On tiendra note sur le même registre, 
ou sur un autre, de tous les faits remarquables 
concernant la Communauté. 



— 23 — 

2. Chaque année, au mois d'Octobre, la 
Supérieure- remettra à Monseigneur l'Evêque un 
compte ou rapport sur la situation temporelle 
de la Communauté et de ses différentes maisons 
affiliées, d'après le modèle déterminé par Sa 
Grandeur (i). 

3. L'administration temporelle tout entière 
appartient à la Supérieure, et elle ne peut être 
confiée à > une autre Sœur, si ce n'est comme 
auxiliaire, en cas de nécessité, et ce sous la 
suiveillance et la responsabilité de la Supérieure. 
Celle-ci pourra toutefois, dans les cas prévus 
par les présentes Constitutions, consulter les 
Sœurs Conseillères; elle se soumettra du reste 
en tout à l'autorité épiscopale. 

De même l'administration journalière de 
chaque maison appartient exclusivement à la 
Mère, sous la surveillance de la Supérieure 
générale. 

4. La Supérieure veillera, tant par elle- 
même que par les Mères des maisons affiliées, 
à ce que tous les bâtiments et les meubles 
soient convenablement entretenus. 

Elle ne fera point de nouvelles construc- 
tions, et 11'apportera aucun changement notable 
aux constructions existantes sans avoir obtenu 
préalablement le consentement de Monseigneur 
l'Évêque. 



(i) V. F ormitlc!i4r£, formule 5. 



— 24 — 

5. Quant aux dépenses ordinaires, par 
exemple, celles qui ont pour objet l'entretien 
des bâtiments, des meubles, l'achat des co- 
mestibles, des fournitures jourtialières, etc., la 
Supérieure pour la Communauté et la Mère 
pour la maison qu'elle dirige, les feront de leur 
chef, le plus économiquement possible, quel 
qu'en soit le montant. 

La Supérieure ne fera aucune dépense ex- 
traordinaire, s'élevant à la somrhe de, cent francs, 
sans l'approbation du Conseil. Elle ne permettra 
aux Mères des maisons affiliées de faire, sans 
son approbation, aucune dépense extraordinaire, ' 
atteignant la somme de cinquante francs, 

6, On ne gardera en caisse que l'argent né- 
cessaire pour l'usage journalier. Les Mères 
confieront le surplus à la Supérieure, qui pla- 
cera l'argent en- rentes sur l'État, ou, de l'as- 
sentiment du Conseil, en d'autres valeurs bien 
sûres, afin d'en retirer un revenu annuel. 

7 Sans autorisation épiscopale, ilest sévè- 
rement défendu de prêter ou d'emprunter de 
l'argent avec ou sans intérêt; de vendre, d'hy- 
pothéquer, de grever et de louer des maisons 
ou des terres appartenant à la, Communauté; 
d'acheter ou de prendre à bail des biens im- 
meubles; enfin d'accepter ou de refuser des biens 
immeubles, des rentes ou de l'argent, que l'une 
ou l'autre Sœur attribuerait à la Communauté, 
soit par testament, soit par donation entre vifs. 



— 25 — 

Le paragraphe traitant du vœu de pauvreté 
fera connaître les droits et les devoirs des Sœurs re- 
lativement à la disposition de leurs propres biens. 

8. La Supérieure veillera, sous l'approba- 
tion de l'Évêque, à ce que les biens temporels 
de la Communauté soient, d'après les prescrip- 
tions de la loi civile, en pleine sécurité; quant 
aux biens de chaque Sœur en particulier, elle 
suivra les dispositions déterminées ci-après, re- 
lativement au vœu de pauvreté. 

Elle ne confiera à personne, pas même à 
des avocats, notaires, etc., l'arrangement d'affaires 
ou de difficultés qui auraient surgi, et elle ne de- 
mandera conseil ou ne donnera à qui que ce soit 
aucun renseignement à ce sujet, sans y avoir 
été préalablement autorisée par Monseigneur 
rÉvêque. 

9. Pour éviter que le souci des affaires 
temporelles ne fasse tort à l'esprit religieux, 
elle ne parlera jamais aux Sœurs des difficultés 
concernant l'administration temporelle, sinon, 
pour autant que de besoin, au Conseil ou au'x 
Sœurs que la chose concerne. 

VL — La Supérieure générale fera, deux 
fois par an, la visite régulière de chaque mai- 
son affiliée, afin de se rendre un compte exact 
de la situation matérielle et morale de chacune- 
d'elles, et d'entendre et d'examilier chaque Sœur 
en particulier. 



— 26 — 

CHAPITRE V. 

De l'office de la Mère, de la M ère- Vicaire 

et de la seconde Assistante des 

maisons affiliées. 

I. — Ce qui a été dit au Chapitre pré- 
cédent, sous les nos j^ n^ m q\- jy, s'ap- 
plique à chaque Mère des maisons affiliées, 
pour ce qui concerne la maison qu'elle dirige. 
Toutefois elle n'accordera point les dispenses 
quand elles doivent être de quelque durée, mais 
les demandera à la Supérieure générale, qui 
se conformera à ce qui est prescrit au Chapitre 
IV, n° II. Elle s'adressera également à sa Supé- 
rieure, quand il s'agit d'une dispense à obtenir" 
pour elle-même. Elle fera aussi rapport à la 
très Révérende Mère sur les Sœurs récalcitrantes, 
qu'elle ne peut amener à résipiscence. 

II. — La Mère présidera tous les exer- 
cices de la Communauté, et prêchera en tout 
d'exemple quant à l'observation exacte et rigou- 
reuse de la Règle. Elle se fera remplacer par 
la Mère-Vicaire, seulement en cas de légitime 
empêchement. En cas d'absence ou d'empêche- 
ment de la Mère- Vicaire, elle confiera son auto- 
rité à la seconde Assistante, jamais à une autre 
Sœur. 

III. — Quant à l'administration tempo- 
relle de la maison, tout ce qui est statué au 



— 27 — 

n» V du Chapitre précédent est, proportion 
gardée, applicable à la Mère de chaque maison 
affiliée, à ces différences près : 

i» Elle tiendra l'inventaire de tout le mo- 
bilier, ameublement de classes, etc., du Cou- 
vent, ainsi que le journal de toutes les recettes 
et de toutes les dépenses, ordinaires et extra- 
ordinaires, de sa maison. 

2» Chaque année, au mois de Septembre, 
elle enverra les comptes à la Supérieure géné- 
rale, d'après les instructions de celles-ci. 

IV. -— La Mère-Vicaire et la seconde As- 
sistante ont la même autorité et les mêmes obli- 
gations que la Mère, dans tous les cas par- 
ticuliers où elles la remplacent légitimement. 
Hormis ces cas, elles ne jouissent d'aucune auto- 
rité et sont en tout égales aux autres Sœurs. 

V. — De plus la Mère-Vicaire, comme pre- 
mière Assistante, et la seconde Assistante ont, 
comme leur nom l'indique, pour devoir essen- 
tiel, d'aider la Mère, de l'assister et de la sou- 
tenir; dans les cas particuliers où la Mère 
requiert leurs conseils ou leur coopération ou 
bien leur impose quelque charge, elles sont tenues 
de s'acquitter de leur devoir avec amour et avec 
pleine soumission. 



— 28 — 

CHAPITRE VI. 
Des Sœurs Conseillères. 

I. — La Supérieure générale, ou la Mère 
de l'unique maison existante, réunira \eé Sœurs 
Conseillères tous les trois mois, à joar fixe. 
En outre elle pourra convoquer le Conseil en 
séance extraordinaire, chaque fois qu'elle le juge 
nécessaire. 

II. — On y délibérera en paix et union' 
sur la situation Spirituelle et temporelle de la 
Communauté. 

Les Sœurs Conseillères pourront, pendant 
les séances du Conseil, signaler les abus qui 
menacent de s'introduire et les améliorations 
qu'elles jugent utiles au bien-être de la Com- 
munauté. 

j 

Elles pourront aussi faire des observations 
concernant les négligences ou les manquements 
dont se seraient rendues coupables les Mères 
et les Sœurs officières, et même la Supérieure 
générale ou la Mère de l'unique maison exis- 
tante, mais toujours avec le respect dû à l'au- 
torité. 

Si la Supérieure, malgré les avertissements 
réitérés du Conseil, continuait à manquer gra- 
vement à ses devoirs, les Sœurs Conseillères, 
en corps et non individuellement, en feront 



— 29 — 

rapport, par l'intermédiaire du Révérend Direc- 
reur, à Sa Grandeur Mgr l'Evêque. 

Il en es| de même si la Supérieure de- 
vient, pour quelque autre cause, incapable de 
remplir sa charge. 

" Pour ce qui est de l'administration tem- 
porelle, la Supérieure donnera au Conseil les 
explications nécessaires partout où les présentes 
Constitutions requièrent l'approbation ou l'in- 
tervention du Conseil. 

III. — Chaque fois que les Constitutions 
exigent non seulement un avis, mais l'approba- 
tion ou la décision du Conseil, la pluralité des 
suffrages des Sœurs présentes à la séance est 
requise. En cas de parité de voix, celle de la 
Supérieure est décisive. 

Ce qui vient d'être dit s'applique au cas, 
où il s'agit de priver une Sœur de son droit 
d'élire ou d'être élue. 

IV. — Les Sœurs Conseillères garderont 
un secret inviolable sur tout ce qui est fait ou 
dit dans le Conseil. 

Les Sœurs Conseillères ne peuvent, en 
dehors de la réunion, parler ni entre elles 
ni à personne, la très Révérende Mère ou la 
Révérende Mère seules exceptées, de ce qui 
egt arrivé ou de ce qui a été traité en Conseil. 

En dehors du Conseil les Sœurs Conseil- 



— 3o — 

1ères sont en tout égales ■ aux autres Sœurs et 
n'ont aucune autorité dans le gouvernement de 
la Communauté. 

Du reste elles se rappelleront que leur 
mission n'est pas de faire la loi à la Supé- 
rieure, mais bien de l'aider de leurs conseils 
et, s'il est nécessaire, de la diriger par des 
avertissements respectueux. 



CHAPITRE VII. 
De la Maîtresse des Novices. 

I, — L'office de la Maîtresse des Novices 
est certainement un des plus importants de la 
Communauté. C'est elle en effet, qui est char- 
gée d'élever et de former à la vie spirituelle 
les jeunes personnes qui entrent au couvent, et 
d'en faire de dignes épouses de Jésus-Christ 
et d'utiles religieuses. 

II. — Cette charge sera remplie par une 
des Sœurs Conseillères, à ce désignée par la 
Supérieure générale avec approbation du Con- 
seil, ou bien par la Mère elle-même ou l'une 
des Sœurs Conseillères de l'unique maison 
existante. Toute autre Sœur, qui en est jugée 
capable, ne peut être nommée à cette charge 
importante sans la permission de l'autorité 
épiscopale. 



— 3i — 

III. — La Maîtresse des Novices est char- 
gée, sous la direction de la Supérieure, de tout 
ce qui regarde les Novices et les Postulantes 
après leur admission. Elle les dirige, leur com- 
mande et leur accorde les permissions ordinaires. 
Les permissions extraordinaires sont' réservées 
à la Supérieure. 

1. La Maîtresse tâchera surtout de gagner 
la confiance de ses Novices, de sorte que celles- 
ci apprennent à parler et à agir toujours en 
toute sincérité avec elle. 

2. Elle parlera souvent aux Novices de la 
haute dignité et des obligations de l'état auquel 
elles se préparent. 

Elle leur enseignera à connaître, à com- 
prendre et à pratiquer la sainte Règle ; elle in- 
sistera spécialement sur les vœux par lesquels 
elles vont se lier, et sur les vertus qui sont 
les plus propres à la vie religieuse. A cette fin 
elle leur lira ou leur fera lire, au moins une 
fois par mois, les Constitutions et la sainte 
Règle. 

3. Elle les exercera souvent, mais toujours 
avec prudence, à l'humilité, au renoncement 
à elles-mêmes, à la mortification, et surtout à 
une obéissance parfaite. 

4. Elle les aidera, les consolera, les encou- 
ragera et les guidera dans leurs doutes, dans leurs 
inquiétudes et autres peines spirituelles ; tenant 



32 



toutefois bien compte^ pour ce qui regarde le 
for intérieur de la conscience, du décret inséré 
ci-dessous au Chapitre X. 

5. Outre les exercices spirituels ordinaires 
de la Communauté, la Maîtresse fera avec les No- 
vices, en particulier, des méditations, des lectures 
spirituelles et des prières, tendant toutes à leur 
faire connaître de mieux en mieux leurs devoirs 
et à les exercer dans la vie spirituelle. 

Elle mettra un soin particulier à former les 
Novices à la méditation et à la prière; elle 
les instruira sur l'examen de conscience tant 
général que particulier, ainsi que sur la manière 
de se bien confesser. 

' Elle leur fera apprendre par cœur le caté- 
chisme diocésain et leur en donnera l'intelli- 
gence par des explications simples et concises. 
Elle leur enseignera aussi à réciter l'Office 
distinctement et à haute voix, veillant bien à ce 
qu'elles prononcent convenablement tous les 
mots et qu'elles comprennent, autant que pos- 
sible, le sens de ce qu'elles lisent. 

6. Elle veillera aussi, sous le contrôle de 
la Mère, à ce que les Novices ne soient pas 
surchargées de travaux corporels ou. d'occupa- 
tions extérieures, et elle leur donnera tous les 
renseignements nécessaires, concernant le tra- 
vail qui leur est imposé. 

7. Elle observera attentivement toute la 



— 33 — 

conduite des Novices, afin de bien connaître 
leurs bonnes et leurs mauvaises qualités, leur 
caractère, leurs inclinations, leurs vertus et leurs 
défauts, pour pouvoir mieux les encourager 
dans la pratique du bien, les avertir et les cor- 
riger quand elles se trompent. 

Afin de connaître mieux encore ses Novices, 
tous les quinze jours ou plus souvent, si la 
Mère le trouve bon, la Maîtresse leur fera rendre 
compte de leur conduite, de la manière prescrite 
pour le Chapitre des coulpes des Sœurs pro- 
fesses. 

8. Elle ne fera connaître à personne ce qui 
est venu à sa connaissance par consultations 
ou confidences spontanées des Novices, par rap- 
port a leur vie intérieure, à leurs tentations et 
peines; seulement, dans des cas particuliers, 
elle peut à cet égard consulter discrètement 
son Confesseur, afin de mieux connaître la ligne 
de conduite qu'elle doit suivre. Elle rendra de 
temps en temps compte à la Supérieure ou, si 
la Supérieure le trouve bon, au Conseil, de 
tout ce qu'elle remarque extérieurement dans 
ses Novices, de leurs qualités, de leur carac- 
tère, de leur fidélité à la Règle, de leurs ver- 
tus et de leurs défauts, de leur vigueur cor- 
porelle, de leur activité et de leur aptitude au 
travail, de leurs dispositions à la vie religieuse; 
jamais elle ne fera . connaître à d'autres Sœurs 

3 



- 34 - 

quoi que ce soit sur le compte des Novices. 

Enfin elle instruira les Postulantes et les 
Novices de tout ce qui regarde le cérémonial 
de la vêture et de la profession, afin que dans 
ces solennités tout se fasse avec ordre et con- 
venance. 



CHAPITRE VIII. 

Admission et sortie des Postulantes, 
des Novices et des Sœurs. 

I.' — Lorsque une jeune personne se pré- 
sente pour embrasser la vie religieuse dans la 
Communauté, la Supérieure générale examinera 
tout d'abord si elle satisfait aux conditions sui- 
vantes : 

i» Elle doit être née de parents légitimes, 
n'avoir ni moins de i6 ans ni plus de 26 ans, 
et être baptisée. Il est donc nécessaire qu'elle 
remette son extrait de baptême, qui doit être 
demandé, non à la maison- communale, mais 
à l'église où elle a été baptisée. Elle doit ap- 
porter également un certificat de confirmation. 

20 Elle doit être saine de corps et d'esprit 
et avoir les aptitudes requises pour pouvoir être 
emplo37ée utilement dans la Communauté. 

30 Elle doit avoir dans le monde une 
bonne réputation, tant par elle-même que par 



— 35 — 

ses parents. C'est ce qui sera constaté par un 
certificat du curé de la paroisse où elle a de- 
meuré en dernier lieu, et non d'un confesseur. 

4° Elle doit être libre de dettes et d'obli- 
gations tant spirituelles que temporelles. 

50 Elle doit avoir le consentement de ses 
parents ou tuteurs. 

6» Il ne peut y avoir parenté du premier 
degré entre elle et d'autres Sœurs de la Com- 
munauté. 

70 Elle doit pouvoir payer la dot exigée. 

8° Elle ne peut avoir porté l'habit religieux, 
comme Novice, dans aucune autre Communauté. 

De plus, la Supérieure générale aura soin de 
s'enquérir si la jeune personne se présente libre- 
ment, de son propre mouvement, et avec le 
désir sincère de s'appliquer à la perfection reli- 
gieuse et au salut du prochain. 

II. — La dot à fournir par la Postulante, 
sera, dans chaque Communauté, déterminée, 
une fois pour toutes, par la Supérieure, sauf 
approbation du Conseil et autorisation de 
Mgr l'Évêque. La même autorisation est requise 
pour apporter, dans la suite, une modification au 
montant de la dot. Sa Grandeur se réserve 
pareillement d'accorder, en des cas particuliers, 
une diminution de la dot. 

La dot est exigible lors de la profession 
religieuse et devient, à partir de ce moment, 



36 



la propriété de la Communauté. Elle ne peut 
être dépensée, sans permission expresse du pou- 
voir épiscopal, mais doit faire l'objet d'un pla- 
cement productif, 

III. — Si la Postulante remplit les condi- 
tions requises, il en sera fait rapport à Sa Gran- 
deur Mgr l'Évêque, à qui l'on fera parvenir, 
en même temps que l'extrait de baptême et les 
certificats ou références, une demande aux fins 
d'obtenir l'autorisation de l'admettre. 

Si une des conditions énumérées ci-dessus 
fait défaut, la Supérieure en référera aux Sœurs 
du Conseil et si, leur avis entendu, elle per- 
siste dans le désir d'admettre la jeune personne, 
elle joindra à l'envoi fait des pièces susdites 
un exposé des conditions qui font défaut, ainsi 
que des raisons qui plaident en faveur de l'ad- 
mission. La jeune personne ne pourra être ad- 
mise qu'après avoir obtenu une dispense formelle 
et une permission expresse de Mgr l'Evêque. 

IV. — L'autorisation épiscopale en vue 
de l'admission étant obtenue, l'aspirante, au 
jour fixé, est introduite d'après les coutumes 
en usage 'dans chaque Communauté. La Postu- 
lante gardera au moins pendant trois mois ses 
habits séculiers; pendant ce temps, elle ap- 
prendra à connaître la sainte Règle et la ma- 
nière de vivre de la Communauté, et elle se 
préparera, par la pratique des vertus chrétiennes, 
à recevoir l'habit religieux. 



- 37 - 

Les trois mois étant sur le point de finir, 
la Supérieure et les Sœurs Conseillères se 
réunissent en Conseil et, la Maîtresse des No- 
vices entendue, décident si la Postulante est 
digne de recevoir l'habit religieux et d'être ad- 
mise au Noviciat. 

Si on le juge à propos, on peut remettre 
la Postulante pour quelque temps; mais jamais 
au delà de trois mois. Si, après six mois de 
postulat, elle n'est pas trouvée digne d'être ad- 
mise au Noviciat, il ne reste qu'à la congédier. 
.V. — Si, au contraire, la Postulante 
peut être admise, la Supérieure en avisera 
Mgr l'Évêque, avec prière de faire fixer, par 
un des membres de la Commission épiscopale, 
le jour où il sera procédé à la vêture solennelle, 
d'après le cérémonial usité. 

Comme préparation à la vêture, la Postu- 
lante suivra, pendant cinq jours, les exercices 
ordinaires d'une retraite spirituelle. 

VI. — Le Noviciat commence le jour de 
la vêture et dure dix-huit mois, voire même, 
selon les circonstances, deux ans; jamais au- 
delà. 

Vers la fin des dix-huit mois, la Supérieure 
et les Sœurs Conseillères décideront, comme il 
a été dit plus haut par rapport aux Postu- 
lantes, s'il 3^ a lieu de différer la profession 
ou d'y admettre la Novice. De même, quand 



38 



son admission est décidée, on informera 
Mgr l'Évêque, pour qu'il fixe le jour de la 
profession solennelle, qui se fera d'après le 
cérémonial usité. 

Avant la profession, la Novice fera une 
retraite spirituelle de cinq jours, comme avant 
la vêture. 

En vertu de la profession, la jeune personne 
devient membre effectif de la Communauté; 
comme telle, elle jouit dorénavant des droits 
propres aux membres de la Communauté, et 
accepte les devoirs et les obligations, dont il 
sera traité au Chapitre suivant. 

VII. — Si une Postulante ou une Novice 
quitte la Communauté ou est renvoyée par 
décision de l'autorité, on la laissera partir en 
paix, vêtue de ses habits séculiers, avec tout 
ce qu'elle a apporté au couvent. Pour ses frais 
de nourriture et d'entretien, elle paiera le prix 
fixé par jour, selon les us et coutumes de la 
Communauté, par la Supérieure avec approba- 
tion du Conseil; on lui feia connaître ce prix 
à son entrée au couvent. Elle supportera éga- 
lement les autres frais, par exemple ceux de 
médecin etc., que la Communauté aurait faits 
pour elle. 

Afin d'éviter toute difficulté à cet égard, 
on lira le présent Chapitre, le jour de l'ad- 
mission d'une postulante, à elle-même et à ses 



- 39 - 

parents ou tuteurs.. La jeune personne déclarera 
par écrit accepter librement et en tous points 
les dispositions . ci-dessus (i). S'il s'agit d'une 
mineure, ses pare.nts ou tuteurs ratifieront cette 
déclaration (2), et si elle est majeure et orpheline, 
deux de ses plus proches parents, ou deux 
autres personnes de ses connaissances, signeront 
la déclaration comme témoins (3). Devenue 
majeure, la Sœur elle-même renouvellera cette 
déclaration par écrit et la signera de sa main. 

VIII. — Si une Sœur professe quittait la 
Communauté, soit de son propre gré, soit par 
décision de l'autorité, et du consentement de 
l'Évêque, elle aurait droit, après avoir déposé 
ses habits religieux, à des vêtements séculiers 
et à une somme d'argent, fixée préalablement 
par la Supérieure avec approbation du Conseil, 
et dont on lui aura fait connaître le montant 
avant sa Profession. 

Au reste, elle ne peut élever aucune pré- 
tention aux fruits, ou produits de son travail 
ou du chef de services rendus, lesquels, par suite 
de sa profession., elle a accepté de faire ou de 
rendre par pur dévouement et par charité 
chrétienne. Au delà elle ne peut exiger quoi 



(i) Voir Formulaire, formule i. 

(2) Ibidem, formule 2. 

(3) Ibid,, formule 3.' 



— 40 — 

que ce soit et à quelque titre que ce puisse 
être. 

Afin de prévenir toute difficulté, même au 
point de vue de la loi civile, chaque Sœur, 
avant sa profession, fera par écrit, dans la forme 
prescrite par Sa Grandeur (i), une convention 
en ce sens avec la Supérieure, convention si- 
gnée par les deux parties. 

Tous les actes, dont il est fait mention ci- 
dessus, seront soigneusement conservés par la 
Supérieure. 



CHAPITRE IX. 
Vœux et Engagements de la vie Religieuse. 

I. — Les Sœurs sont admises, comme mem- 
bres effectifs de la Communauté -et comme 
épouses de Jésus-Christ, en vertu de la pro- 
fession, par laquelle elles émettent les trois vœux : 
de pauvreté, de chasteté et à! obéissance. 

Ces vœux sont des vœux .simples et non 
des vœux solennels; ils lient la religieuse qui 
les émet, aussi longtemps qu'elle reste membre 
de la Communauté. 



(i) Voir Formulaire, formule 4. 



— 41 — 

§ I, Du VŒU DE PAUVRETÉ. 

II. — Comme les vœux sont des vœux 
simples, la Sœur Professe conserve la propriété 
de tous ses biens, ainsi que le droit d'hériter 
ou de recevoir par donation; mais, par le vœu 
de pauvreté, elle se dépouille de la jouissance 
effective, de l'usage et de l'administration de 
tout ce qui lui appartient. 

lo Par conséquent, toute Sœur peut disposer 
à son gré, par testament ou dernière volonté, des 
biens qu'elle possède. Toutefois pour agir sage- 
ment en cette matière, elle consultera Sa Gran- 
deur Mgr l'Evêque. 

Chaque Sœur fera son testament, autant 
que possible avant sa profession ou, dans la 
suite, aussitôt qu'elle acquiert des biens, soit par 
héritage, soit de quelque autre manière. 

2P Par contre, aucune Sœur ou Novice ne 
peut disposer, entre vifs, de ses propriétés, sans 
une autorisation expresse de la Supérieure qui, 
le cas échéant, consultera l'Evêque. 

Quant aux revenus des biens, puisqu'elle se dé- 
pouille, par le vœu de pauvreté, de toute jouis- 
sance effective, de l'usage et de l'administration 
de ses biens, chaque Sœur est tenue de dis- 
poser de tous ses revenus, avant de faire sa 
profession, et de même plus tard, aussitôt qu'elle 
entre en possession de nouveaux revenus. Elle 



— 42 — 

peut disposer en faveur de la Communauté ou 
autrement, mais jamais sans l'autorisation ex- 
presse de la Supérieure, qui prendra conseil 
de Sa Grandeur, 

Avec l'autorisation de l'Évêque, et pour des 
motifs fondés, une modification pourra être 
apportée à des dispositions prises antérieure- 
ment. 

3° Sans autorisation préalable de Mgr l'Évê- 
que, il est défendu aux Sœurs de signer 
aucun acte, soit par devant notaire, soit sous 
seing privé, pour la vente de biens indivis, 
pour liquidations, permutations, inventaires, ou 
autres actes ou écrits, quels qu'ils puissent être. 

40 Sans permission de la Supérieure, au- 
cune Sœur ne peut porter ni garder sur elle 
aucun argent, qu'il appartienne à la Commu- 
nauté ou à quelqu'autre. 

Sans permission de la Mère, une Sœur ne 
peut ni recevoir, ni garder à son usage rien 
de ce qui lui serait donné en cadeau, quelque 
minime que cet objet puisse être. A plus forte 
raison, ne peut-elle donner une chose appar- 
tenante au couvent, en cadeau ni même en 
prêt ou en aumône, à qui que ce soit. Ce- 
pendant la Mère peut faire des aumônes, d'après 
la situation financière de la Communauté et 
conformément aux prescriptions ci-dessus Cha- 
pitre IV, N» V, 5. Elle les fera de préférence 
aux familles pauvres des Sœurs. 



- 43 - 

Tout ce qu'une Sœur détient à son usage 
personnel en fait d'habits, de literies, de livres, 
de meubles, dans sa cellule ou ailleurs, et géné- 
ralement tout objet quelconque, appartient à la 
Communauté, c'est-à-dire, à toutes les Sœurs réu- 
nies, et reste à la libre disposition de la Mère, 
qui peut, en tout temps, l'enlever, le donner en 
usage à une autre Sœur, ou en disposer autre- 
ment. Pour ce motif, les Sœurs, dans l'usage 
qu'elles font de ces différents objets ne diront 
pas le mien ou le tien, mais bien plutôt le nôtre. 

Voilà les principales obligations du vœu 
de pauvreté; pour ce qui est de la pratique 
de la vertu et de l'esprit de pauvreté, il en 
sera question dans la seconde partie ou Règle 
de vie. 

§ 2. Du VŒU DE CHASTETÉ. 

III. — Le vœu de chasteté oblige à la 
conservation de la chasteté intérieure et exté- 
rieure. 

Les Sœurs se souviendront toujours, dans 
toutes leurs pensées, paroles et actions, qu'elles 
se sont consacrées à Jésus, comme ses épouses, 
dans l'esprit d'une inviolable chasteté; qu'elles 
lui appartiennent de corps et d'âme, de cœur 
et d'esprit, et qu'en tout temps elles doivent 
paraître comme des vierges pures aux yeux de Jésus- 
Christ. 



— 44 — 

Pour ce motif, elles suivront fidèlement 
les conseils exposés plus loin dans la sainte 
Règle. 

§ 3. — Du VŒU d'obéissance. 

IV. — • lo Le vœu d'obéissance impose 
l'ùbligation d'obéir à tous les Supérieurs légi- 
times, quand ils commandent ou défendent, 
en vertu de l'obéissance, et ce pour autant que 
le comporte leur autorité, eu égard aux Con- 
stitutions et à la sainte Règle. 

D'où il suit que le même vœu n'oblige 
pas à obéir à la sainte Règle, en ce sens que 
la transgression d'un point de Règle devienne, 
comme telle, une violation du vœu d'obéissance. 
En effet, la Règle elle-même n'oblige point 
comme telle sous peine de péché, ainsi qu'il 
sera expliqué plus loin. 

D'où il suit encore que la vertu d'obéis- 
sance s'étend, sous plusieurs rapports, plus loin 
que le vœu, comme il ressortira clairement des 
explications de la Règle au sujet de l'obéis- 
sance. 

2^ En vertu de leur vœu, les Sœurs doivent 
obéissance : 

A Sa Sainteté le Pape ; 

A Sa Grandeur Mgr l'Évêque qui, en vertu 
de son autorité suprême subordonnée à celle 
du Pape, peut prendre, à l'égard de la Com- 



- 45 - 

munauté, telles dispositions que sa sagesse pa- 
ternelle lui inspirera; 

Aux membres de la Commission épiscopale, 
ou à tout autre prêtre, qui, pour un temps 
déterminé, ou indéterminé, est investi d'autorité 
sur la Communauté; 

A la Supérieure générale, ou à celle qui 
tient légitimement sa place; 

Aux Sœurs, en tant qu'elles ont droit 
d'ordonner ou de défendre, par suite de la 
fonction ou de la charge qu'elles remplissent. 



CHAPITRE X. 
DÉCRET 

DE LA S. CONGRÉGATION DES ÉVÊQUES ET RÉGULIERS, 

EN DATE DU I7 DÉCEMBRE 189O 

dont lecture doit être donnée chaque année dans 

toutes les Communautés religieuses et dont la copie 

doit être insérée dans les Constitutions. 

Soumises aux mêmes conditions que toutes 
les choses humaines, si relevées et si saintes 
qu'elles soient, les lois, qui ont été sagement 
établies, peuvent abusivement être entendues et 
appliquées dans un sens impropre et étranger 
à leur esprit. C'est pour cela que, parfois, elles 
n'atteignent, plus le but que le législateur s'était 



- 46 - 

proposé, et que même quelquefois elles ob- 
tiennent un effet contraire. 

On doit surtout regretter que semblable 
inconvénient se soit présenté pour les règles de 
beaucoup de Congrégations, de Sociétés ou d'In- 
stituts religieux, soit qu'ils se composent de 
femmes liées par des vœux simples ou solennels, 
soit qu'ils ne comprennent que des hommes, 
que leur genre de vie et la manière dont ils 
sont gouvernés rangeraient plutôt parmi les 
laïques. En effet, tandis que leurs Constitutions 
avaient permis aux religieux de dévoiler leur 
intérieur, pour qu'ils pussent, en recourant dans 
leurs doutes à l'expérience des Supérieurs, con- 
naître plus facilement les voies ardues de la 
perfection, il arriva que plusieurs d'entre ceux-ci 
se permirent de pénétrer dans la conscience de 
leurs inférieurs jusqu'au domaine plus intime, 
exclusivement réservé au Sacrement de Péni- 
tence. De même ces Constitutions, d'après les 
règles tracées par les saints Canons, avaient 
prescrit que dans ces sortes de Communautés 
la Confession Sacramentelle se fît aux Cpnfes- 
seurs ordinaires et extraordinaires respectifs; 
mais les Supérieurs allèrent jusqu'à refuser 
arbitrairement à leurs inférieurs un Confesseur 
extraordinaire, même dans le cas où ils en 
avaient grandement besoin pour la tranquillité 
de leur conscience. Enfin on avait tracé aux 



— 47 — 

Supérieurs des règles de prudence et de dis- 
crétion, d'après lesquelles ils pouvaient diriger 
leurs inférieurs dans l'usage des pénitences parti- 
culières et les autres œuvres de piété, mais ici en- 
core ils étendirent abusivement ces règles jusqu'à 
s'attribuer le pouvoir de permettre selon leur 
bon plaisir l'accès de la Sainte Table à leurs 
inférieurs, et même dans certains cas de le 
leur interdire tout à fait. Il arriva ainsi que 
ces sages et salutaires dispositions, qui avaient 
été prises pour assurer le progrès spirituel des 
religieux, pour conserver et entretenir la paix et la 
concorde dans les Communautés, en vinrent à 
être un danger pour les âmes, à occasionner 
des anxiétés de conscience, et à troubler par- 
fois la paix extérieure, ainsi que le prouvent à 
l'évidence les recours des inférieurs et les plaintes 
déférées plusieurs fois au Saint-Siège. 

C'est pourquoi Notre Saint Père le Pape 
Léon XIII, dans la sollicitude particulière qu'il 
nourrit pour cette portion choisie de gon trou- 
peau, à l'audience accordée le 14 décembre 
1890, à moi, Cardinal Préfet de la S. Congré- 
gation des Evêques et Réguliers, après avoir 
tout bien pesé et soigneusement examiné, à 
voulu, ordonné et décrété ce qui suit : 

I. Sa Sainteté annule, abroge et déclare de 
nulle valeur pour l'avenir, toutes les disposi- 
tions des Constitutions, en vigueur dans les 



- 48 - 

pieuses Sociétés et Instituts 'de femmes à vœux 
simples ou solennels, et d'hommes absolument 
dépourvus de tout caractère ecclésiastique, en 
tant qu'elles concernent la manifestation intime 
du cœur et de la conscience sous quelque 
nom qu'on la désigne et de quelque manière 
qu'on l'envisage : et ce, quand bien même les 
dites Constitutions auraient reçu de la part du 
Saint-Siège une approbation sous n'importe quelle 
forme, fût-ce même la forme que l'on nomme 
toute spéciale. En conséquence, Elle enjoint 
formellement aux Supérieurs et Supérieures de 
ces sortes d'Instituts, Congrégations et Sociétés, 
de supprimer et de faire disparaître complète- 
ment de leurs Constitutions, Directoires ou 
Manuels, les dispositions prémentionnées. Elle 
annule également et Elle supprime tous les 
usages et toutes les coutumes même immémoriales 
a5^ant trait au même sujet. 

II. Défense stricte est en outre faite aux 
Supérieurs et Supérieures ci -dessus désignés, 
quel que soit leur rang et leur dignité, d'agir 
sur leurs inférieurs par des moyens directs ou 
indirects, soit par des ordres, des conseils, parla 
crainte, la menace ou la flatterie, en vue de 
les amener à leur découvrir leur conscience ; 
et par contre. Sa Sainteté ordonne aux in- 
férieurs de dénoncer aux Supérieurs hiérarchiques 
les Supérieurs de rang inférieur, qui oseraient 



— 49 — 

les pousser à cela, et dans les cas où le Supé- 
rieur général ou la Supérieure générale serait en 
cause, la dénonciation devrait se faire à cette 
S. Congrégation des Evêques et Réguliers. 

III. Tout ceci ne doit nullement empêcher 
les inférieurs, s'ils le font librement et de leur 
propre mouvement, de dévoiler leur intérieur aux 
Supérieurs, à l'effet d'obtenir de leur prudence, 
dans les doutes et les difficultés, conseil et 
direction pour acquérir les vertus et avancer 
dans les voies de la perfection. 

IV. En outre, tout en maintenant les dis- 
positions prises par le saint Concile de Trente 
dans la Session 25^ Chap. X, des Réguliers, con- 
cernant les Confesseurs ordinaires et extraordi- 
naires des Communautés, et tout ce qui a été 
statué sur ce même point par Benoît XIV, de 
sainte mémoire, dans la Constitution qui com- 
mence par ces mots : Pastoralis cura, Sa Sainteté 
avertit les Prélats et Supérieurs qu'ils doivent 
ne pas refuser à leurs inférieurs un Confesseur 
extraordinaire chaque fois que ceux-ci en ont 
besoin pour la tranquillité de leur conscience. 
Les Supérieurs ne peuvent s'enquérir des mo- 
tifs qui portent les inférieurs à leur faire pa- 
reille demande, ni montrer qu'ils en éprouvent 
quelque déplaisir. Et pour que cette sage 
disposition ne demeure pas à l'état de lettre 
morte, Sa Sainteté engage les Ordinaires à 

4 



— 5o — 

désigner dans les localités de leurs Diocèses 
où il existe des Communautés de femmes, des 
prêtres capables et munis des facultés nécessaires, 
afin que les religieuses puissent facilement avoir 
recours à eux pour le Sacrement de Pénitence. 

V, Quant à la permission ou à la défense 
de s'approcher de la Sainte Table, Sa Sainteté 
décide que ces permissions ou ces défenses 
sont l'affaire du Confesseur ordinaire ou extra- 
ordinaire, sans que les supérieurs aient aucun 
pouvoir de s'y ingérer, à l'exception du cas où 
un de leurs inférieurs aurait, depuis sa dernière 
Confession sacramentelle, donné un scandale 
à la Communauté, ou commis quelque faute 
grave extérieure, et ce jusqu'au moment où il 
se sera de nouveau approché du Sacrement de 
Pénitence. 

VI, Avis est donné à tous les religieux 
de se préparer avec grand soin à là sainte 
Communion, et de s'approcher de la Sainte 
Table aux jours fixés par la règle. Chaque fois 
qu'au jugement du Confesseur la ferveur et le 
progrés spirituel de l'urr ou l'autre rendront 
utile un usage plus fréquent de la sainte Eucha- 
ristie, le Confesseur lui-même pourra le lui 
permettre. Toutefois, celui qui aurait obtenu 
du Confesseur la permission de communier plus 
souvent, et même tous les jours, est tenu d'en 
informer le Supérieur. Si celui-ci croit avoir de 
justes et graves raisons à alléguer contre des Com- 



— 5i — 

munions aussi fréquentes, il les fera connaître 
au Confesseur ' dont la décision devra néces- 
sairement être suivie. 

VII. Sa Sainteté ordonne en outre à tous 
et à chacun des Supérieurs généraux, provin- 
ciaux et locaux des Instituts d'hommes ou de 
femmes, dont il est question ci-dessus, d'observer 
fidèlement et avec soin les dispositions du pré- 
sent Décret, et ce sous les peines portées contre 
les Supérieurs qui transgressent les ordres du 
Saint-Siège, peines à encourir par le fait même. 

VIII. iLnfin Sa Sainteté ordonne que des 
exemplaires du présent Décret, traduit en langue 
vulgaire, soient insérés dans les Constitutions 
des pieux Instituts ci-dessus désignés, et qu'au 
moins une fois par an, à une époque fixe, 
dans chaque maison, il en soit donné lecture 
à haute et intelligible voix, soit à la table 
commune, soit au Chapitre spécialement con- 
voqué à cet effet. 

C'est ce que Sa Sainteté établit et décide 
sans qu'aucune disposition contraire, fût-elle 
digne de mention spéciale et individuelle, puisse 
être opposée à cette décision. 

Donné à Rome à la Secrétairerie de la 
susdite S. Congrégation des Evêques et Ré- 
guliers, le 17 décembre 1890,. 

I. Cardinal VERGA, Préfet. 
t Fr. Louis, Evêque de Callinice, Secret. 



DEUXIÈME PARTIE. 



RÈGLE OE VIE. 



CHAPITRE I. 

Considérations générales sur la 
sainte Règle. 

I. — La sainte Règle est pour les Reli- 
gieuses l'expression de la volonté de Dieu, du 
bon plaisir divin, règle suprême de toute per- 
fection. Qîd vit selon la Règle, vit selon Dieu, dit 
S. Augustin. 

La Règle est le fil conducteur qui mène 
infailliblement à la sainteté. 

En effet, elle trace les voies de la per- 
fection et elle donne à la vie commune son 
unité. Par là même, elle est pour les membres 
de la Communauté une source d'édification 
mutuelle et un puissant moyen d'encouragement; 
elle provoque et facilite l'exercice des vertus chré- 



- 54 - 

tiennes, surtout de la charité, la première de 
toutes, et des vertus propres à l'état religieux, 
de la pauvreté, de la chasteté, de l'humilité 
et de Tobéissance. 

L'observance exacte et rigoureuse de la 
Règle de vie commune est une mortification 
continuelle des sens et de la volonté propre; 
mortification, sans laquelle la perfection chré- 
tienne et religieuse ne peut - se concevoir. 

La Règle prescrit tout à son temps et en 
détail: or, la perfection ne s'acquiert qu'au prix 
de la fidélité jusque dans les moindres choses 
et de la persévérance de tous les jours et de 
tous les instants dans cette fidélité. 

Les Sœurs tiendront donc la sainte "Règle 
en haute estime et auront pour elle le plus 
sincère et le plus religieux respect.. 

IL — La sainte Règle, comme telle, n'o- 
blige pas sous péché. On ne commet donc pas 
de faute, même vénielle, en transgressant un 
point de Règle, à moins qu'il n'oblige d'ailleurs 
sous péché; ou qu'on n'agisse par mépris de 
la Règle, ce qui peut arriver facilement à celle 
qui manque indistinctement aux différents points 
de la Règle et qui y manque habituellement. 
Ces infractions exposent encore au darlger de 
pécher, à raison du désordre et du scandale 
qu'elles peuvent causer. Les mauvais exemples 
en cette matière sont de nature à troubler l'ordre 



— 55 — 

qui doit régner dans la Communauté; et à scanda- 
liser les Consœurs, qu'ils portent à manquer de 
respect à la Règle, ou même les personnes sécu- 
lières qu'ils confirment dans leurs sentiments 
et dispositions hostiles ou moins favorables à 
la religion et à la perfection chrétienne. 

Ce serait un tort grave de prendre prétexte de 
l'absence de péché, pour enfreindre plus librement 
les prescriptions salutaires de la sainte Règle. 

ni. — Afin que les Sœurs apprennent à 
connaître plus parfaitement et à méditer fré- 
quemment leur sainte Règle, la Supérieure aura 
soin de la lire et de l'expliquer aux Sœurs, 
conformément à ce qui sera statué en traitant 
du Chapitre des coulpes. 



CHAPITRE II. 

De la charité, et de la conduite des 
Sœurs entre elles, 

I. — La charité est la vertu la plus su- 
blime et la plus nécessaire de toutes. Aussi la 
Règle de S. Augustin est toute imprégnée de 
l'esprit de charité et de douceur, selon la re- 
marque de S. François de Sales, et elle com- 
mence par cette prescription : Que Dieu soit aimé 
par- dessus toutes choses, et après lui, le prochain; le 



— 56 — 

deuxième Chapitre de la même Règle ne con- 
tient que ces mots : Observez ce pour quoi vous 
vous êtes réunies, à savoir : que vous vous conserviez 
toutes dans un seul et même esprit; et que vous n'ayez 
quun cœur et qu'une âme en Dieu. 

II. — Les Sœurs s'appliqueront à faire tout 
par amour pour Dieu. Dès leur réveil, elles 
formeront cette intention, la plus excellente que 
l'on puisse se proposer, et elles la renouvelle- 
ront fréquemment pendant le jour, afin de sancti- 
fier ainsi et de rendre méritoires toutes leurs 
pensées, toutes leurs affections, toutes leurs 
paroles et toutes leurs actions. 

III. — L'amour de Dieu et celui du pro- 
chain procèdent de la même vertu de charité 
divine, par laquelle nous aimons Diev^ par-dessus 
tout pour lui-même, et le prochàïUs comme 
nous-mêmes pour Dieu. Au témoignage de l'a- 
pôtre S. Jean, nous ne saurions aimer Dieu en 
vérité, si nous n'aimons pas notre prochain, et 
la charité véritable est non seulement affective 
mais encore effective, nous devons vouloir et 
faire du bien au prochain. - '~ ' 

Les Sœurs auront les unes pour les autres 
un religieux respect; elles s'aimeront d'une cha- 
rité surnaturelle, vraiment fraternelle; Elles mon- 
treront cette charité dans toutes leurs paroles 
et dans toutes leurs actions. Elles seront tou- 
jours et partout pleines de bonté et de douceur, 



- 57 - 

de prévenance et de politesse à l'égard de leurs 
Consœurs. 

Elles sacrifieront tout à la charité et à 
l'union des esprits et des cœurs, tout jusqu'à 
leur propre jugement et à leurs sentiments les 
plus intimes. Elles supporteront tout, plutôt que 
de blesser la charité et de troubler la paix et 
la concorde, qui est le bien le plus précieux 
de la vie commune en religion. 

Elles résisteront énergiquement et dès le 
principe à toute affection trop naturelle, et 
se garderont avec le plus grand soin de toute 
amitié particulière. Pleine de danger sous plu- 
sieurs rapports, toute affection trop humaine a 
pour conséquence nécessaire de faire languir 
la vraie charité et de relâcher le lien de la 
concorde, qui doit unir tous les membres de 
la famille religieuse. 



CHAPITRE III. 

De l'humilité et de l'obéissance. 

I. — L'humilité peut s'appeler le fonde- 
ment des vertus, en ce sens qu'elle écarte le 
plus grand obstacle à la vertu, à savoir l'or- 
gueil, qui est le principe de tout péché. L'hu- 
milité est une vertu précieuse, spécialement aux 



— 58 — 

personnes religieuses, parce qu'elle est la com- 
pagne indispensable des autres vertus et prin- 
cipalement des trois vertus propres à l'état reli- 
gieux, de la pauvreté, de la chasteté et.de l'obéis- 
sance. Cette dernière surtout ne saurait même 
se concevoir sans l'humilité, et d'autre part elle 
est de loin la plus relevée des trois : en effet, 
par la pauvreté l'on renonce aux biens exté- 
rieurs, par la chasteté l'on crucifie sa chair 
avec ses convoitises, pour être plus libre d'ap- 
partenir à Dieu sans réserve, mais par l'obéis- 
sance on renonce véritablement à soi-même pour 
réduire sous le joug du Seigneur sa propre vo- 
lonté et liberté. 

II. — Humilité est vérité, dit S. Bernard : 
celui qui se connaît vraiment lui-même, rap- 
porte à , Dieu la gloire de tout le bien qu'il 
découvre en lui-même, et ne retient avec raison 
pour sa part que la confusion due à ses péchés, 
ses défauts et ses misères. \ 

Mettons fréquemment en regard 1^ part et 
l'image de Dieu dans le prochain et ce qui nous 
appartient en propre en nous-mêmes, à savoir, 
tout le mal causé par notre faute; ainsi nous 
nous humilierons en toute vérité devant n'im- 
porte qui, nous considérant toujours et partout 
comme les derniers de tous. 

III. — Les Sœurs se souviendront que 
l'obéissance " est, pour ainsi dire, leur vertu 
propre; et qu'elle est aussi une vertu univer- 



- 59 - 

selle en ce sens qu'elle garantit l'accomplisse- 
ment parfait de tous les devoirs. 

Elles ne se contenteront pas de ne pas 
enfreindre le vœu, mais elles s'appliqueront à 
la vertu et à l'esprit d'obéissance, s'abandonnant 
entièrement à la volonté des Supérieurs, préve- 
nant même leurs désirs, et observant fidèlement 
les prescriptions et les conseils de la sainte Règle. 

Elles obéiront par le seul motif véritable, 
qui est le respect de l'autorité divine, lepré- 
sentée par les Supérieurs, et l'acquiescement 
au bon plaisir divin, manifesté par la Règle 
et par la voix de ceux qui dirigent. 

Leur obéissance sera prompte, sans hési- 
tation ni retard, exacte et complète, sans excep- 
tion ni diminution, aveugle, sans raisonnement 
ni réplique. 



CHAPITRE IV. 
De la chasteté et de la mortification. 

I. — La chasteté est un trésor précieux 
et le plus bel ornement de l'épouse de Jésus- 
Christ. Cette délicate et angélique vertu de 
pureté ne saurait se conserver sans l'exercice 
de la mortification, corporelle et spirituelle. 
Les Sœurs suivront tout spécialement en cette 
matière le conseil du Sauveur : Veillez et priez. 



— 6o — 

II. — Elles prieront, non seulement en temps 
de lutte et de tentation, mais aussi en temps 
de paix et de repos. Souvent pendant la journée, 
elles élèveront leur cœur à Dieu par de fer- 
ventes prières jaculatoires, par des aspirations 
ardentes au divin époux de leurs âmes; elles 
invoqueront fréquemment la S^^ Vierge Marie 
et leur ange gardien, ainsi que les patrons spé- 
ciaux, protecteurs de la pureté, S. Joseph, 
S. Louis de Gonzague, le chœur des vierges 
saintes. 

III. — Elles veilleront, et exerceront la mor- 
tification spirituelle. Elles veilleront sur leurs 
sens extérieurs, spécialement sur les yeux, sur 
leur langue, sur leur tenue, enfin sur toute 
leur conduite extérieure, si bien que, dans leur 
maintien, dans leur démarche, dans leurs paroles, 
dans leurs regards, dans toute leur manière d'agir, 
elles apparaissent aux yeux de tous comme les 
véritables épouses du Christ. 

Elles veilleront surtout sur leur cœur, ré- 
sistant dès le principe à tout attachement, à 
toute affection ou inclination qui aurait un objet 
autre que l'unique Epoux, seul digne de pos- 
séder tout leur cœur et tout leur amour. 

Pour ce motif, elles se garderont avec le 
plus grand soin de toute familiarité avec n'im- 
porte quelle personne, et de toute amitié par- 
ticulière avec l'une ou l'autre Consœur. 



— 6i — 

Elles éviteront toutes les occasions de con- 
versation inutile avec les personnes du monde, 
la dissipation, le désœuvrement; elles aimeront 
par contre la solitude du cloîfre et le silence, 
le recueillement, le travail. 

Elles pratiqueront la vertu de sobriété, 
ainsi que la mortification et la pénitence cor- 
porelles, pour autant que le permettent ou le 
conseillent la sainte Règle et leurs Supérieurs 
et Directeurs spirituels. 



CHAPITRE V. 

De la pauvreté. 

I. Les Sœurs éviteront que la pauvreté ne 
soit pour elles un vain mot. Celles qui, en 
entrant au couvent, ont réellement renoncé aux 
avantages temporels de la richesse, seront heu- 
reuses de se contenter de moins; celles par 
contre, plus nombreuses peut-être, qui ont 
trouvé au couvent la nourriture et l'entretien, 
qu elles n'auraient pu se procurer dans le monde, 
recevront, avec d'autant plus de reconnaissance 
et d'humilité, ce que la Communauté leur four- 
nira. Toutes accepteront ce qui leur est donné, 
à l'instar d'une aumône faite aux épouses de 
Jésus pauvre et indigent. 



— 62 — 

II. — En esprit de pauvreté, les Sœurs 
accepteront avec plus de joie et de préférence 
ce qui les rapproche davantage de la pauvreté 
réelle, ce qui leur échoit de plus commun, de 
plus défectueux, de plus usé. 

De même, elles tâcheront de ne rien casser, 
de ne rien dissiper, de ne rien laisser se gâter, 
utilisant tout comme le font les indigents 
soigneux, par suite de leur pauvreté réelle. 

III. — Dans le même esprit de pauvreté, 
les Supérieures agiront comme les mères soi- 
gneuses des ménages pauvres. Elles tâcheront 
de mettre tout à profit, mais sans avarice; elles 
n'achèteront, ni pour l'usage des Sœurs, ni pour 
les maisons, rien de luxueux ou de trop re- 
cherché; mais toujours elles donneront aux 
Sœurs, que celles-ci soient en santé ou en ma- 
ladie, ce qu'il leur faut, d'après les besoins de 
chacune, pour leur entretien convenable. 



CHAPITRE Vr. 

De l'ordre du jour et des exercices de 
la journée> 

I. — La Supérieure générale arrêtera, sur 
avis du Conseil, un ordre du jour pour la 
Communauté, en l'adaptant à la nature des 



— 63 — 

occupations spéciales des Sœurs, et en tenant 
compte des louables coutumes en vigueur. 

Cet ordre du jour déterminera l'ordre de 
tous les exercices communs de la journée, et 
en fixera les heures, depuis l'heure du lever, 
tant en hiver qu'en été, jusqu'à l'heure du 
coucher. Il devra comprendre, quel que soit le 
but particulier de la Communauté, les exercices 
suivants : 

1. Prière du matin, et méditation. 

2. Petites heures de l'Office. 

3. S'e Messe. 

4. Déjeuner. 

5. Lecture spirituelle. 

6. Temps consacré aux occupations spéciales 
des Sœurs : travail, préparation des classes, 
classes, surveillance, etc., suivant les différentes 
Communautés. 

7. Examen particulier. 

8. Dîner. 

9. Récréation. 

10. Vêpres et Co,mplies. 

11. Chapelet. 

12. Temps consacré aux occupations spé- 
ciales des Sœurs, comme ci-dessus. 

, i3. Matines et Laudes. 

14. Temps consacré aux occupations, à l'é- 
tude, etc. 

i5. Souper. 



- 64 - 

i6. Récréation. 

17. Prière du soir Examen de conscience. 
Lecture des points pour la méditation du len- 
demain. 

II. — Aussitôt que le signal du lever sera 
donné, une Sœur désignée à cet effet, fera le 
tour des cellules ou lits des Sœurs et dira : 
Benedicanius Domino, et chacune répondra : Deo 
gratias. 

Aucune Sœur ne descendra avant d'avoir 
demandé la bénédiction à la Mère, ou à celle 
qui la remplace. Celle-ci descendra la dernière, 
après s'être assurée que toutes sont levées, ou 
après avoir visité celle qui n'aurait pu répondre 
à l'appel. 

III. — Une Sœur sera chargée de faire 
le tour après la prière du soir, pour examiner 
si tout est bien fermé et si on n'a laissé ni 
lumière ni feu mal éteints. Elle remettra les 
clefs à la Mère. Celle-ci aura soin de s'assurer 
de temps en temps par elle-même, ou par 
la Mère- Vicaire, que tout est fermé et bien 
en ordre. 

Au moment du coucher, les Sœurs défile- 
ront devant la Mère, pour lui demander la 
bénédiction; ensuite la Mère fermera l'accès du 
dortoir ou des cellules, et elle seule ou sa rem- 
plaçante ouvrira pendant la nuit, en cas de 
nécessité. Elle aura cependant grand soin que 



65 



la Mère- Vicaire, ou une autre qui la remplace, 
ait toujours, en même temps qu'elle, accès à 
la clef, pour permettre aux Sœurs de descendre, 
en cas de nécessité ou d'accident. 

IV, — A chacune des heures fixées par 
l'ordre du jour, l'exercice prescrit sera annoncé 
par un signal de la cloche ou de la sonnette. 
Les Sœurs se rendront immédiatement et très 
exactement au lieu et à l'exercice indiqués. 

Lorsqu'une Sœur- vient trop tard à un 
exercice, soit au réfectoire, soit à l'ouvroir, soit 
au chapitre, avant de se rendre à sa place, 
elle se met humblement à genoux, jusqu'à ce 
que la Supérieure, qui préside à l'exercice, lui 
fasse signe de se lever; dans d'autres endroits, 
comme à la- chapelle, ou en présence d'étrangers, 
quoiqu'arrivant trop tard, elle prend sa place, 
mais, immédiatement après l'exercice, elle s'hu- 
milie devant la Supérieure qui a présidé. 



CHAPITRE VIL 

Des exercices de piété et de la fréquentation 
des Sacrements. 

I. — Les prières du matin et du soir se font 
telles qu'elles se trouvent prescrites dans le 
catéchisme du diocèse. 

5 



— 66 — ■ 

Après la prière du matin, les Sœurs feront 
chaque jour leur méditation, dont les points 
seront proposés la veille après la prière du 
soir. Elles consacreront à cet exercice si impor- 
tant de l'oraison mentale le temps d'une demi- 
heure, la prière du matin comprièe. 

Le matin au début de la prière, le midi 
après l'examen particulier, et le soir avant le 
souper, elles diront ensemble Y Angélus, au son 
de la cloche. 

Souvent, pendant le jour, elles loueront 
Dieu et imploreront son secours, par de fer- 
ventes prières jaculatoires, spécialement au son 
de l'heure et au commencement de quelque 
ouvrage. 

Tous les jours, elles diront ensemble, à 
l'heure indiquée, un chapelet de cinq dizaines. 

Les Sœurs légitimement empêchées de pren- ■ 
dre part aux prières communes, auront scin- 
de les faire en privé, au premier moment libre, 
avec l'autorisation de la Mère. Surtout elles 
n'omettront pas la méditation. 

IL — Les Sœurs réciteront chaque jour 
l'Office de la sainte Vierge, en latin. Dans 
toute communauté suffisamment nombreuse, cette 
récitation se fera en chœur. Cependant la Mère 
peut autoriser les Sœurs, empêchées par un 
travail urgent ou d'autres bons motifs, à réciter 
l'Office, .partiellement du moins, en leur par- 



- 67 - 

ticulier, ou même à le remplacer au besoin par 
un chapelet; mais là où le nombre des Sœurs 
rend la chose possible, la récitation en chœur 
de cette prière publique de l'Eglise ne peut 
jamais être omise totalement. 

III. — Tous les jours les Sœurs feront ou 
écouteront une lecture spirituelle d'un quart 
d'heure. On ne se servira pour cette lecture 
que des écrits des Saints Pères et Docteurs de 
l'Église, ou de livres approuvés par l'usage 
universel de la sainte Église, comme le livre 
de Vlmitation de Jéstis- Christ, ou de la sainte 
Règle et des Constitutions, ou enfin des Vies 
des Saints ou autres livres spirituels, dûment 
approuvés par l'autorité ecclésiastique. Dans le 
doute, on devra consulter au préalable le révé- 
rend Directeur. Cette prescription s'applique 
également aux livres à lire au réfectoire ou 
laissés à l'usage particulier des Sœurs. 

IV. — Un autre exercice très utile, voire 
même nécessaire, pour l'avancement dans les voies 
de la perfection, c'est l'examen de conscience. 
Les Sœurs feront chaque jour un examen par- 
ticidier avant le dîner, et un examen général 
pendant la prière du soir, La Mère dirigera 
ces exercices, de façon à bien faire comprendre 
aux Sœurs la nature et l'objet propres de chacun 
d'eux, et la manière de les faire avec fruit. 

En cas d'empêchement pour une Sœur d'as- 



— as- 
sister à cet exercice si important, elle doit le 
faire en particulier, comme il est dit ci-dessus, 
numéro I. 

V. — Les Sœurs se confesseront tous les 
huit jours. Elles.se prépareront avec le plus 
grand soin à recevoir dignement- le Sacrement 
de Pénitence, s'attachant moins à n'omettre 
aucune faute vénielle, qu'à s'exciter à une sin- 
cère et parfaite contrition, tant sur les péchés 
de la vie passée, que sur certains péchés véniels 
ou certaine catégorie de ces péchés, dont il est 
plus urgent de se corriger, d'après les lumières 
reçues et les résolutions faites dans leurs mé- 
ditations et dans leurs examens particuliers de 
conscience. 

Vers les Quatre-temps le confesseur extra- 
ordinaire se présentera au couvent, et le con- 
fesseur ordinaire s'abstiendra cette semaine d'en- 
tendre les confessions. Toutes les Sœurs doivent 
s'adresser au confesseur extraordinaire, sinon 
pour se confesser, du moins pour lui demander 
quelque conseil, ou sa bénédiction. 

En dehors des confesseurs ordinaire et 
extraordinaire désignés, une Sœur peut encore, 
conformément au Décret inséré au Chapitre X 
des Constitutions, demander à la Supérieure, 
dans un cas particulier et pour de bons mo- 
tifs, un autre confesseur, approuvé pour les 
religieuses, et habitant le même doyenné, auquel 



- 69 - 

appartient le couvent où elle réside. Les Sœurs 
éviteront, en conscience, de faire pareille de- 
mande sans raison sérieuse. Le confesseur de- 
mandé sera invité par la Supérieure à se rendre 
au couvent, et sous aucun prétexte une Sœur 
ne sortira de la maison à seule fin d'aller trouver 
elle-même ce confesseur. 

Quant aux Sœurs autorisées à résider hors 
du couvent, pour le soin des malades, ou pour 
un autre motif légitime, elles s'adresseront pour 
a confession au curé de la paroisse, où elles 
résident. Si elles ont besoin d'un autre con- 
fesseur, elles se conformeront aux dispositions 
du Décret, comme ci-dessus. 

Enfin, les Supérieures accorderont toujours 
à une Sœur malade, qui doit recevoir les der- 
niers Sacrements, le confesseur qu'elle désire, 
pourvu qu'il soit approuvé pour entendre les 
confessions dans ce diocèse. 

VL — Les Sœurs se prépareront avec 
grande ferveur à la sainte Communion. Il y a 
trois jours de communion ordinaire par se- 
maine : le Dimanche, ;et le Mardi et Jeudi, ou 
bien, le Mercredi et Vendredi, selon la cou- 
tume existante. 

Il y a communion extraordinaire, tous les 
jours de fête de l'année, où le service divin 
se fait comme le Dimanche, et de plus aux 
fêtes du Sacré Cœur, de S. Joseph, des patrons 
et protecteurs particuliers de la Congrégation 



— 70 — 

religieuse, et aux jours accordés par faveur spé- 
ciale de Sa Grandeur Monseigneur l'Évêque. 

A ces jours de communion de règle, toutes 
les Sœurs pourront s'approcher de la Sainte 
Table, à moins que leur confesseur n'en décide 
autrement. La communion extraordinaire se fait 
le jour même, où elle tombe, et ne peut être 
remise à un autre jour, de manière qu'elle ne 
constitue une communion de gain, que lorsqu'elle 
ne coïncide pas avec une communion ordinaire 
de la semaine. 

En dehors des jours de communion de 
règle, les Sœurs ne communieront point, sauf 
permission spéciale de leur confesseur. Si une 
Sœur obtient pareille permission, elle en aver- 
tira la Mère supérieure. 

Elles sont spécialement autorisées à de- 
mander cette permission aux jours anniversaires 
de leur naissance, de leur vêture et de leur 
profession. 

VII. — Une fois par mois, au jour à dé- 
signer par la Supérieure, les Sœurs feront la 
récollection spirituelle ou revue du mois écoulé. 

On gardera pendant toute la journée le 
silence rigoureux, excepté pendant les récréa- 
tions après le dîner et après le souper. Les 
méditations et lectures spirituelles se feront 
sur l'une des fins dernières; on lira aussi deux 
ou trois chapitres de la Sainte Règle. 



— 71 — 

Les Sœurs feront l'examen particulier du 
mois écoulé, et prendront pour l'avenir de 
bonnes résolutions, se proposant un défaut à 
corriger ou une vertu à acquérir ou à pratiquer 
plus parfaitement pendant le mois qui va com- 
mencer. 

VIII. — Chaque année, un prédicateur 
extraordinaire donnera aux Sœurs une retraite 
de cinq jours, à la fin de laquelle elles re- 
nouvelleront leurs vœux. La Supérieure géné- 
rale prendra les mesures nécessaires pour que 
toutes les Sœurs puissent profiter de cette faveur 
spirituelle, en indiquant, autant que de besoin, 
deux maisons différentes ou deux dates, aux 
époques les plus propices, où ces exercices 
puissent avoir lieu. 

IX. — En dehors du jeûne et de l'ab- 
stinence prescrits par l'Église, il est défendu 
aux Sœurs de faire aucune mortification et 
pénitence corporelle, sans autorisation de la 
Mère et du Confesseur. 



CHAPITRE VIII. 

Du silence. 

I. — Le silence religieux est de la plus 
haute importance. Non seulement il fait éviter 
les fautes nombreuses qui se commettent par 



72 



paroles, mais il donne encore la réflexion et 
la prudence dans toutes les actions; enfin, il 
est indispensable pour conserver, même en de- 
hors du temps de silence et au milieu des 
occupations et des distractions nécessaires, le 
recueillement habituel. Or, ce recueillement est 
intimement lié à l'exercice de la présence de 
Dieu, condition nécessaire et source de toute 
perfection et sainteté. 

II. — Il 3" a deux espèces de silence à 
observer : le grand silence ou silence strict 
et rigoureux, et le silence ordinaire ou moins 
strict. Le premier consiste à ne rien commu- 
niquer au prochain, ni par parole ni par signe, 
sans nécessité absolue. Le second consiste à ne 
rien communiquer sans nécessité morale ou 
grande utilité. 

Le grand silence doit en tout temps être 
observé au dortoir et dans les cellules des 
Sœurs. Il doit de plus être gardé, dans tous 
les endroits quelconques du couvent, depuis 
le commencement de la prière du soir jusqu'au 
lendemain après le déjeûner. 

Le silence ordinaire doit être gardé pen- 
dant tout le reste du jour en dehors du temps 
de récréation. 

III. — Quand il y a nécessité de rompre 
le silence, on communiquera de préférence par 
signe; si le signe ne suffit pas, on emploiera 



- 73 - 

pour s'exprimer le moins de paroles possible 
et on parlera à voix basse. 

Pendant les heures de silence, soit strict 
soit ordinaire, les Sœurs tâcheront de faire le 
moins ,de bruit possible, en allant, en venant 
et en faisant leur ouvrage, de sorte que dans 
tout le couvent règne une- parfaite tranquillité, 
qui inspire le recueillement. 



CHAPITRE IX. 
De la récréation. 

I. — Il 3^ a une récréation ordinaire deux 
fois par jour, après le dîner et après le souper. 

Il y a récréation extraordinaire ou grapde 
récréation, à la fête patronale de la Commu- 
nauté, à celles de Monseigneur l'Éveque, du 
Directeur, de la Supérieure générale et de la 
Mère, le jour des SS. Innocents, les jours de 
vêture et de profession, et les jours accordés 
par faveur spéciale de Sa Grandeur. Si un jour 
de grande récréation tombe à une date mal 
assortie, la Mère pourra choisir un autre jour. 

II. — Les jours de grande récréation, les 
exercices spirituels auront lieu comme les autres 
jours, sans qu'on en puisse abréger ou omettre 
un seul. Le grand silence sera observé aux 



— 74 — 

heures et aux endroits indiqués au Chapitre 
précédent, tout comme les autres jours. Hors 
ce temps et ces endroits, il sera permis aux Sœurs 
de causer même pendant le dîner et le souper, 
après une courte lecture spirituelle. 

III. — Toute récréation se passe en com- 
mun; personne ne peut s'en absenter ni la 
quitter sans permission de la Mère. Le jeu 
de cartes et autres jeux semblables, comme tout 
jeu de hasard, sont strictement prohibés. La 
récréation consistera, au gré de la Mère, ^oit 
à faire une promenade au jardin, soit à tenir 
quelque conversation utile et agréable, soit à 
se livrer à quelque travail facile et amusant, 
ou à un exercice corporel, utile et convenable. 

Les Sœurs se garderont soigneusement de 
toute conversation moins édifiante, ayant un 
air de médisance ou de raillerie, de tout ba- 
vardage et criaillerie, de toutes paroles frivoles 
et mondaines. Elles s'abstiendront de toute dis- 
sipation et légèreté, contraire à l'esprit de re- 
cueillement qu'une religieuse doit toujours con- 
server. 



CHAPITRE X. 

Des repas. 

I. — Il y a trois repas par jour, le dé- 
jeûner, le dîner et le souper. La Supérieure 



- 75 - 

générale peut ajouter, là où elle le juge con- 
venable, un goûter. En dehors des repas, les 
Sœurs ne peuvent, sans permission de la Mère, 
prendre aucune réfection. 

Hors du réfectoire, ou, en cas de mala- 
die, hors de l'infirmerie, on ne peut prendre 
aucune nourriture ni boisson. 

II. — Au réfectoire, les Sœurs se placent 
de la manière suivante : 

La Mère et ses assistantes occuperont une 
table à part, au fond de la salle, et se pla- 
ceront du même côté de la table, de manière 
qu'elles puissent voir toutes ,les Sœurs. Les 
autres tables seront dressées le long des parois 
de la salle, et les Sœurs se placeront toutes 
du même côté de leur table, le long de ces 
parois, de manière à n'avoir personne vis-à-vis 
d'elles et à laisser le côté intérieur des tables libre 
pour le service. Elles prendront place à droite 
et à gauche de la table des Supérieures par 
ordre d'ancienneté. 

III. — Les prières avant et après les repas 
seront récitées debout et en chœur par la Mère 
et toutes les Sœurs. Après le dîner, on ajoutera 
aux prières ordinaires le psaume De profundis et 
l'oraison pour les fidèles défunts. 

La Mère désignera une ou plusieurs Sœurs 
pour veiller à la propreté du réfectoire, pour 
couvrir les tables et pour servir et desservir. 



- 76 - 

Elle donnera le signal pour apporter ou 
enlever les différents services, et pour finir les 
repas, 

IV. — Les Sœurs se conduiront à table 
d'après toutes les règles de la propreté et des 
bienséances chrétiennes. 

Elles se garderont de toute gourmandise 
et délicatesse, se proposant uniquement de 
soutenir leurs forces corporelles, afin de mieux 
servir Dieu et le prochain. Elles écouteront 
avec attention la lecture spirituelle, afin de 
nourrir leur esprit de quelque pensée salutaire, 
pendant qu'elles donnent au corps la nourriture 
nécessaire. 

Pendant le déjeûner, on lira un .Chapitre 
de Vlmitation de Jésus-Christ. Pendant le dîner 
et le souper, on fera la lecture spirituelle dans- 
les Vies des saints et autres livres de piété,, 
dûment approuvés par l'Eglise ; à certains jours 
fixés on lira un Chapitre de la Sainte Règle. 
La lecture durera jusqu'à ce que la Mère fasse 
signe de cesser, et après la lecture, les Sœurs 
continuei'ont de garder le silence jusqu'à la 
fin du repas, sauf les jours de récréation, où 
la Mère permettra de causer. 



— 77 — 
CHAPITRE XL 

Du Chapitre des coulpes. 

I. — Le Chapitre des coulpes est la réunion 
dans laquelle les Novices et les Sœurs s'accusent 
publiquement de leurs infractions à la Sainte 
Règle et de leurs fautes publiques, mais nul- 
lemerit de leurs péchés secrets ou de leurs 
tentations intérieures. 

IL — Le Chapitre se tient tous les quinze 
jours, de la manière suivante : 

A l'heure indiquée, les Novices et les Sœurs 
se réunissent dans la salle capitulaire ; toutes 
se mettent à genoux et la Mère, ■ ou en son 
absence la Mère-Vicaire, dit le « Veni Creator. » 

Alors toutes les Novices et les Sœurs s'as- 
seient chacune à sa place. Ensuite elles vont 
au milieu une à une, la plus jeune Novice 
la première, s'agenouiller devant la Mère et 
font humblement leur accusation en disant : 

« Chères Mère et Sœurs, je m'accuse de 
<( toutes mes infractions à la S'^ Règle et je 
« reconnais que (ici elle exprime les manque- 
ments extérieurs dans lesquels elle est tombée). 
« De toutes ces fautes et de la mauvaise édi- 
« fîca,tion que j'ai pu causer, par là, je demande 
« humblement pardon et je promets de me 
« corriger à l'avenir. » 



- 78 - 

Après cet aveu, la Novice ou la Sœur 
restant agenouillée, la Mère lui impose une 
pénitence en rapport avec les circonstances et 
les fautes commises. Si elle connaissait quel- 
ques manquements extérieurs dont la Novice ou 
la Sœur ne se serait pas accusée, elle peut les 
lui rappeler et l'en réprimander ouvertement, 
si elle le trouve bon. 

Les Novices ayant fait leurs aveux et reçu 
une exhortation et une pénitence, quittent la 
salle du Chapitre. 

Après que toutes les Sœurs se sont accu- 
sées de la sorte, la Mère à son tour s'accusera 
très humblement, mais d'une manière générale, 
devant ses Consœurs, et demandera que l'on 
veuille prier pour elle. 

Ensuite, la Mère lira un Chapitre des 
Constitutions et de la Sainte Règle, et en ex- 
pliquera le texte; elle ajoutera avec prudence 
et charité une courte instruction, adaptée aux 
circonstances, engageant les Sœurs à observer 
fidèlement leur Règle et tous les devoirs d'une 
fervente religieuse. 

Enfin on dit un Pater et un Ave, afin 
d'obtenir par la grâce de Dieu et l'intercession 
de la Sainte Vierge, que la Sainte J^ègle soit 
exactement observée par toutes les Sœurs, 

III. — Pendant le Chapitre, aucune Sœur, 
sauf la Mère, ne peut prendre la parole, si ce 



— 79 — 

n'est pour s'accuser de ses fautes ou pour faire 
connaître les défauts extérieurs des autres, ceci 
cependant sur ordre exprès de la Supérieure. 

En dehors du Chapitre, personne ne peut 
parler de ce qui s'y est dit ou fait. La Mère 
toutefois peut en particulier, mais non en 
public, faire là- dessus à chaque Sœur les ob- 
servations qu'elle croit utiles. 

Toutes les Sœurs attacheront le plus grand 
prix à ce saint exercice et l'accompliront avec 
respect, humilité et piété; c'est, en effet, un 
mo3'en très efficace pour faire des progrès dans 
la perfection religieuse. 



CHAPITRE XII. 

De la clôture, des sorties des Sœurs, 
et des visites. 

I. — La clôture est la partie du couvent 
exclusivement réservée à l'usage des Sœurs, à 
savoir le réfectoire, l'ouvroir, le dortoir, l'in- 
firmerie, la salle da Chapitre, les jardins par- 
ticuliers des Sœurs, la cuisine et les cellules. 

Jamais sans nécessité et sans autorisation 
des Supérieurs les Sœurs ne sortiront de la 
clôture. Elles n'entreront pas dans la cellule 
d'une autre Sœur à moins d'une permission 



— 8o — 

spéciale, de la Mère. Elles ne se rendront pas 
à la cuisine, ni au dortoir, ni à l'infirmerie, 
ni même dans aucune salle commune où elles 
ne sont pas appelées pour un exercice de règle, 
sans y être autorisées par leurs fonctions ou 
par l'assentiment de la Supérieure. 

Aucune personne étrangère au couvent n'en- 
trera dans la clôture, sinon à la suite de Mon- 
seigneur rÉvêque, ou avec sa permission ex- 
presse. Il n'est fait d'exception à cette règle, 
que pour les ouvriers, en cas de réparations 
et travaux nécessaires, pour -le médecin et le 
prêtre, en cas de maladie d'une Sœur, et pour 
les parents au premier degré, qui peuvent lui 
faire deux visites, après qu'elle a reçu les der- 
niers Sacrements. 

II. — Les Sœurs ne sortiront point du 
couvent en guise de récréation ou pour rendre 
visite, fût-ce même à la maison paternelle. 

Cependant si une Sœur, pour des motifs 
graves et extraordinaires, était obligée de sortir, 
la Mère peut, du consentement du Directeur, 
lui en donner la permission, en désignant une 
Sœur qui l'accompagnera. 

Lorsqu'une Sœur a été autorisée à visiter 
des parents, frères ou sœurs malades, elle ne 
pourra jamais de ce chef découcher plus d'une 
nuit, quel que soit du reste l'état présent ou 
futur du malade. 



— 8i — 

La Mère elle-même ne quittera pas le 
couvent, sinon pour motifs graves, et ce avec 
permission de la Supérieure générale. - 

Dans aucun cas, les Sœurs ne peuvent 
se rendre en d'autres maisons ou endroits que 
ceux où elles sont envoyées ou doivent se rendre 
nécessairement, pour les affaires dont elles sont 
chargées. Jamais elles ne resteront dehors, 
au delà du temps fixé par la Mère et requis 
par ce qu'elles ont à faire. 

Les Sœurs se rendant à l'église paroissiale, 
sortiront et rentreront ensemble, autant qu'il 
est possible. A l'église, elle se tiendront à la 
place qui leur est réservée et, en route, elles 
n'adresseront la parole à personne, à moins 
qu'elles ne puissent s'y soustraire, sans grande 
inconvenance. 

Hors de leur couvent, les. Sœurs se sou- 
viendront que le monde a les yeux fixés sur 
elles, plus que sur d'autres personnes, et que 
toute chose peu édifiante qu'elles se permet- 
traient pourrait causer du scandale. C'est pour- 
quoi elles doivent bien veiller sur elles-mêmes, 
afin que, dans leur maintien, dans leurs paroles 
ou leur actions, rien ne se rencontre qui puisse 
blesser la modestie religieuse. 

ni. — Les Sœurs éviteront autant que 
possible les visites et même tout commerce et 
tout rapport avec les étrangers; elles change- 

6 



— 82 — 

ront l'affection naturelle envers leurs parents, amis 
et connaissances en une affection spirituelle, 
priant Dieu pour eux, afin que tous ensemble 
ils puissent être heureux en cette vie et en l'autre. 

A l'égard d'aucune personne étrangère, elles 
ne se conduiront avec familiarité, mais toujours 
avec gravité, simplicité et politesse chrétienne. 

Les Sœurs ne recevront la visite des étran- 
gers nulle part ailleurs qu'au parloir ou dans 
un endroit désigné à cet effet, et toujours en 
présence d'une autre Sœur désignée par la 
Mère. Il n'y aura d'exception en ce dernier 
point que pour les parents, les frères et les sœurs. 

Pendant les exercices spirituels, les Sœurs 
ne peuvent, sans une vraie nécessité constatée 
par la Mère, se rendre ou rester auprès d'un 
étranger. Elles en avertiront poliment leurs 
visiteurs. 

A moins de pressants motifs, les personnes 
qui demeurent à la paroisse même ne sont 
reçues en visite hors le temps de la récréa- 
tion du midi. 

Sans autorisation expresse de la Mère, une 
Sœur ne peut introduire un étranger en d'autres 
endroits qu'au parloir. 

Les Sœurs ne s'informeront point des 
vaines nouvelles d'un monde avec lequel elles 
ne doivent plus rien avoir de commun; si elles 
apprennent quelque nouvelle, dont la connais- 



— 83 — 

sance, loin d'être utile, sert uniquement à 
distraire, elles se garderont bien d'en causer 
avec leurs consœurs. 

Jamais elles ne révéleront à des étrangers 
quels qu'ils soient, les secrets de la maison, l'état 
intérieur de la Communauté, les difficultés qui 
pourraient exister, les défauts des Supérieurs 
ou des Sœurs, ou leurs propres tribulations. 

Que du reste leur conversation soit toujours 
grave, édifiante et saintement récréative et 
joyeuse, si bien que les étrangers remarquent, 
au langage et à toute la conduite des Sœurs, 
qu'ils se trouvent dans la sainte demeuie des 
Épouses de Jésus-Christ. 

Les Sœurs ne peuvent écrire des lettres ou 
billets quelconques ni en recevoir, sans per- 
mission de la Mère; celle-ci voit toutes les 
lettres qui entrent ou qui sortent, à l'exception 
de celles venant des Supérieurs spirituels ou 
à eux destinées. 

Les Sœurs se prémuniront, spécialement en 
ce point, contre toute tentation d'infidélité et de 
fraude, qui pourrait entraîner les plus fâcheuses 
conséquences. 



- 84 - 
CHAPITRE XÏII. 

Du soin des Sœurs malades. Des décès et 
des funérailles. 

I. — L'infirmerie sera installée autant que 
possible dans le quartier le plus tranquille et 
le plus gai de la maison. On aménagera un 
endroit isolé pour le cas de maladie contagieuse. 

Les Sœurs infirmières seront choisies parmi 
celles qui, par leur caractère, leur vertu et leurs 
forces corporelles, présentent le plus d'aptitude 
pour le soin des malades. 

IL — Quand une Sœur se sent indisposée, 
elle en avertira aussitôt la Mère, qui lui fera 
donner les soins que son état comporte, et fera 
appeler le médecin. Celui-ci sera accompagné 
dans toutes ses visites par une Sœur infirmière. 

Les malades se soumettront exactement aux 
prescriptions du médecin, et les infirmières 
auront soin que les ordres et conseils donnés 
soient ponctuellement exécutés. 

Personne ne pourra visiter la Consœur ma- 
lade, sans permission expresse de la Mère, qui 
se conformera en cette matière aux avis du 
médecin. 

Toutes les Sœurs, et les infirmières en par- 
ticulier, doivent bien se persuader que c'est un 
devoir des plus importants de la charité reli- 



^ 85 ~ 

gieuse d'être compatissantes envers les Consœurs 
malades, de les servir avec douceur, de les con- 
soler avec bonté, de supporter avec patience leur 
humeur, et de prier pour elles avec ferveur. 

III. — La Mère et les infirmières veilleront 
à procurer bien à temps à la malade la faveur 
et les consolations des derniers Sacrements. 
A moins d'avis contraire du médecin, toutes 
les Sœurs seront présentes à l'administration, 
joignant leurs prières à celles de la sainte 
Église. La Mère aura soin d'avertir la Supé- 
rieure générale, qui communiquera la nouvelle 
à toutes les maisons. 

Depuis le jour où une Sœur est admi- 
nistrée, jusqu'à ce qu'elle soit décédée ou hors 
de danger, toutes les Sœurs de la Congréga- 
tion religieuse réciteront chaque jour en com- 
mun, pendant la récréation du midi, les lita- 
nies de la S^e Vierge, à l'intention de la ma- 
lade. Elles offriront à la même intention le 
chapelet, qu'elles doivent réciter journellement 
d'après la sainte Règle. 

Lorsqu'une Sœur entre en agonie, les 
Sœurs s'assembleront autour du lit de la mou- 
rante, pour dire ensemble les prières des agoni- 
sants, à moins d'avis contraire du médecin. 

IV. — Une Sœur étant décédée, on la 
revêtira de ses habits religieux, et, lui mettant 
en mains le crucifix et la formule de ses vœux, 



— 86 — 

on l'exposera dans un endroit convenable du 
couvent, où l'on pourra admettre, si la Mère 
le juge bon, les personnes du dehors qui dé- 
sirent faire une prière pour le repos de son 
âme. 

Sitôt la nouvelle du décès reçue, les Sœurs 
de toutes les maisons diront trois fois le rosaire 
pour la défunte; elles offriront trois communions 
et entendront trois messes à la même intention. 

Le service funèbre sera simple, mais con- 
venable, et le même pour toutes les Sœurs sans 
exception. 

On fera célébrer un nombre déterminé de 
messes pour le repos de lame, d'après les cou- 
tumes de la Communauté. 

La place de la défunte restera vacante à 
l'oratoire et au réfectoire pendant un mois, afin 
de rappeler constamment son âme au bon sou- 
venir de ses Consœurs. 



CHAPITRE 'XIV. 

Quelques conseils spéciaux pour les 
Sœurs enseignantes. 



I. — Les Sœurs chargées de l'enseignement 
scolaire se souviendront constamment de l'im- 



- 87 - 

portance et de la sublimité de leur mission. 
Elles sont en effet des instruments entre les 
mains de Dieu et de la sainte Eglise, pour 
donner aux enfants l'instruction et surtout pour 
faire leur éducation chrétienne, qui doivent les 
rendre capables d'atteindre leur fin en ce monde 
et dans l'autre. 

En conséquence, elles s'attacheront non seu- 
lement à orner l'esprit de leurs élèves de con- 
naissances utiles, mais encore et surtout à former 
leur caractère et leur volonté, et à les initier 
à la pratique des vertus chrétiennes. 

Pour remplir dignement et efficacement cette 
grande mission,, elles travailleront avant tout à 
leur propre perfection, afin d'être des instru- 
ments aptes et dociles entre les mains de Dieu, 
et de prêcher partout d'exemple; le bon exemple 
est plus efficace que toutes les paroles. 

Elles prieront Dieu avec ferveur pour im- 
plorer sa bénédiction sur leurs travaux, et lui 
recommanderont souvent leurs élèves pour leur 
obtenir l'intelligence et la docilité. 

II. — Tenant compte des principes qui pré- 
cèdent, les Sœurs profiteront de toutes les 
occasions pour inculquer avant tout à leurs 
élèves, en théorie et en pratique, les devoirs 
envers Dieu, envers le prochain, et à l'égard 
d'eux-mêmes. 

I. Les plus grands et les plus importants 



— 88 — 

sont les devoirs de religion : c'est pourquoi les 
Sœurs inspireront aux enfants, par leurs paroles 
et par leurs exemples, une piété solide, qui; 
selon la parole inspirée de l'Apôtre, est utile 
à tout. Elles leur apprendront à bien prier, 
veillant à ce qu'ils prononcent tous les mots 
complètement, clairement et correctement, et 
qu'ils prient de cœur, non par routine mais 
avec intelligence et sentiment. Elles les pré- 
pareront à assister avec attention et piété au 
Saint Sacrifice de la Messe et aux autres offices 
de l'Église, et à se confesser avec sincérité et 
contrition. 

2. Les maîtresses insisteront fréquemment 
sur les devoirs de respect, d'obéissance aux 
Supérieurs, de charité envers le prochain, de 
sincérité et de franchise. A ce propos, elles 
n'oublieront pas que la politesse, les bienséances 
chrétiennes sont un ensemble de vertus, que nous 
devons pratiquer à l'égard de nos semblables, 
un composé de charité et de bienveillance, de 
serviabilité, de douceur, de patience, etc. Les 
convenances sociales, la bonne tenue, la pro- 
preté sont si importantes qu'elles ont mérité, 
quoique dans un sens restreint, le nom même 
de bonne éducation, dont elles sont en effet 
une partie, comme elles en sont aussi le signe 
extérieur et le reflet. 

3. Pour ce qui regarde la conduite des 



- 89 - 

enfants à l'égaid d'eux-mêmes, les Sœurs appelle- 
ront souvent, théoriquement et pratiquement, 
l'attention des enfants sur la modestie en paroles 
et en actions et sur la fuite des mauvaises 
compagnies, sur l'amour du travail, sur-la pro- 
preté et l'esprit d'économie, sur la tempérance 
et la sobriété. 

III. — Quant à la conduite des Sœurs à 
l'égard de leurs élèves, elles leur porteront à 
tous indistinctement une affection maternelle 
basée, non sur un sentiment humain et na- 
turel, mais sur la vertu surnaturelle de charité 
divine. Elles les traiteront avec une constante 
douceur et patience, tout en se montrant sé- 
rieuses et au besoin sévères. 

Il est essentiel de conserver toujours le 
calme et l'égalité d'humeur, et d'être envers 
tous, sans distinction, juste et impartial. 

De cette manière, les maîtresses gagneront 
la confiance et l'amour de leurs élèves, tout en 
leur laissant le respect et la crainte révéren- 
tielle de l'autorité, 

IV. — Les Sœurs ne laisseront jamais les 
enfants abandonnés à eux-mêmes, ni en classe, 
ni à la cour, ni en aucun endroit où ils restent 
confiés à leurs soins. La surveillance de tous 
les instants est nécessaire, mais elle ne doit 
pas dégénérer en une espèce de police et d'esr 
pionnage : elle doit rester autant que possible 



— go — 

inaperçue de l'élève, à qui il faut montrer de 
la confiance, tout en ne le perdant jamais de 
vue. 

A la surveillance, une bonne maîtresse 
ajoute la direction : elle met tout en œuvre 
pour connaître le caractère, l'humeur, les bonnes 
et les mauvaises inclinations de chaque enfant 
en particulier. Cette connaissance la mettra à 
même de diriger l'initiative privée de l'enfant, 
de lui apprendre peu à peu à agir par lui- 
même, pour éviter les dangers et pour choisir 
la voie droite du devoir et de la vertu. 

V. — Quand un enfant a besoin d'être cor- 
rigé, il faut, avant de punir, épuiser les moyens 
de bonté et de persuasion, lui faire sentir en 
quoi il a manqué, le menacer au besoin de 
punition, afin de provoquer le repentir et le 
bon propos. 

Si les moyens de persuasion et la menace 
elle-même restent sans effet, il faut exécuter la 
menace, qui, par conséquent, ne pourra jamais 
être telle qu'on n'ait aucune intention de l'exé- 
cuter ou qu'il ne soit guère possible de le faire. 

La pénitence imposée doit toujours être 
modérée, plutôt légère que grave, et surtout 
appropriée au but, qui est l'amendement du cou- 
pable : elle doit en conséquence être adaptée 
au naturel de l'enfant et proportionnée à la 
faute commise. Un système uniforme de puni- 



— 91 — 

tion, auquel les élèves s'habituent, est plutôt 
nuisible que salutaire. 

Il faut être heureux de pouvoir pardonner 
et donner dispense complète ou partielle de la 
pénitence, dès que l'enfant donne des preuves 
évidentes de repentir. On se souviendra d'ail- 
leurs que mieux vaut pouvoir récompenser que 
de devoir punir, et qu'il est bien préférable de 
prévenir une faute que de devoir la réprimer. 

Jamais il n'est permis aux Sœurs d'user de 
violence ph5/sique, quelque légère qu'elle soit. 
Un enfant vraiment incorrigible par les moyens 
moraux, doit être dénoncé à la Mère Supé- 
rieure, qui, le Directeur consulté, pourra le 
remettre entre les mains de ses parents. Il en 
est de même d'un enfant qui chercherait à per- 
vertir les autres. 

VI. — Pour bien s'acquitter de leur devoir 
d'enseigner, les maîtresses de classe répéteront 
fréquemment les leçons qu'elles ont reçues à 
ce sujet, elles entretiendront ces connaissances 
acquises et les perfectionneront par l'étude, la 
lecture, les conférences pédagogiques. Tous les ^ 
quinze jours, la Mère réunira les maîtresses en 
conférence, pour s'instruire mutuellement, pour 
délibérer sur l'état des écoles, sur les difficultés 
rencontrées, sur les moyens à employer pour 
faire fleurir l'enseignement et la discipline, en 
un mot sur tout ce qui peut faire progresser 
l'instruction et l'éducation des enfants. 



— 92 — 

Une Sœur ne se rendra pas en classe, 
sans s'être préparée à ses leçons, et la Mère 
veillera à ce que les piaîtresses de classe-aient 
le temps de faire cette préparation si néces- 
saire, et en profitent comme il convient. Les 
Sœurs auront soin avant tout de l'enseignement 
religieux; et elles feront réciter cha'que jour les 
prières du chrétien et les feront comprendre, 
comme il est dit ci-dessus. Elles feront apprendre 
par cœur, exactement et mot à mot, le texte 
du catéchisme diocésain, en y ajoutant des expli- 
cations simples et bien à la portée des jeunes 
intelligences. 



CHAPITRE XV. 

Conseils aux Sœurs hospitalières et 
garde-malades. 

I. — Les Sœurs chargées du soin des ma*- 
lades et des vieillards auront sans cesse devant 
les yeux la parole du Sauveur : Ce que vous avez 
fait au moindre des miens, vous me l'avez fait à 
moi-même. Cette parole renferme le plus puis- 
sant encouragement à l'exercice des œuvres de 
miséricorde et indique la manière la plus par- 
faite de les exercer. 

En effet, cette parole est celle-là même que 



- 93 - 

prononcera le souverain Juge, quand au juge- 
ment dernier il appellera les justes à la récom- 
pense éternelle. 

Cette même parole nous apprend qu'il faut 
voir dans les vieillards et les malades les mem- 
bres souffrants et la personne même de Jésus- 
Christ. 

1. En conséquence., les Sœurs chargées de 
ce service rempliront leur mission avec zèle et 
avec joie, avec botité et douceur, avec charité 
et patience, non seulement à l'égard de ceux 
qui sont eux-mêmes bons, patients, reconnais- 
sants, mais aussi sans distinction ni préférence, 
envers ceux qui sont difficiles, impatients, 
ingrats. 

2. Elles témoigneront à tous indistincte- 
menit une chrétienne amabilité, mais se garde- 
ront bien de toute familiarité. Elles donneront 
par contre, en paroles et en actions, l'exemple 
de la modestie et de la réserve, qu'elles exige- 
ront ainsi à juste titre de ceux qui sont l'objet 
de leurs soins. Elles tâcheront d'édifier un chacun 
par leur piété^ par leur fidélité à tous leurs 
devoirs, et d'inspirer ainsi le respect et la con- 
fiance. Elles ne peuvent oublier que leur pre- 
mier devoir est de se sanctifier elles-mêmes par 
la pratique des œavres de miséricorde, et que 
dans cette pratique, qui n'est pas sans dangers, 
elles .doivent bien veiller sur elles-mêmes, en 



— 94 — 

particulier sur leurs 3^eux et sur leur cœur, de 
peur de blesser leur propre âme, en soignant 
le corps des autres. 

3. Les Sœurs qui servent les vieillards et 
les malades ne peuvent perdre de vue que le 
soin des corps est subordonné au soin des âmes. 
Leur mission la plus importante est d'instruire, 
autant qu'il est nécessaire et possible, les per- 
sonnes confiées à leurs soins, dans la doctrine 
chrétienne, principalement dans les points que 
tout chrétien doit connaître par nécessité de 
moyen ei de précepte ; de leur rappeler leurs 
devoirs religieux, de les. préparer à recevoir les 
saints Sacrements. Elles les exhorteront aussi 
à observer exactement le règlement de la maison, 
à vivre entre eux en bonne entente, à s'aimer 
et à se prêter assistance mutuelle. 

Souvent, mais toujours aux moments pro- 
pices, sans fatiguer ou importuner les malades, 
elles leur suggéreront des pensées salutaires, les 
exhorteront à la patience et à la résignation à 
la volonté divine, en un mot, les prépareront 
à une sainte mort et à l'éternité bienheureuse. 

IL — La Mère désigne les Sœurs appelées 
à soigner les malades à domicile. Cette mis- 
sion de la Mère est bien délicate, et exige un 
jugement éclairé, une grande connaissance de 
ses sujets, comme des personnes chez qui les 
Sœurs sont appelées, enfin beaucoup de réflexion 
et de prières. 



- 95 - 

Les instructions données au numéro pré- 
cédent sont applicables aux Sœurs qui soignent 
les malades à domicile. En outre, celles-ci se con- 
formeront aux dispositions suivantes : 

1. Elles n'iront point dans d'autres maisons 
que celles où elles sont envo3^ées, et ne séjour- 
neront pas plus longtemps dans une maison 
que leur service charitable ne l'exige. 

2. Elles se souviendront toujours qu'elles 
sont placées auprès des malades uniquement 
pour les assister et non pas pour se mêler des 
affaires temporelles des familles ou d'autres 
choses étrangères au service des malades. 

3. Elles ne se conduiront, dans les maisons 
où elles sont, ni en maîtresses ni en servantes, 
mais comme des Religieuses envoyées pour 
assister par charité les membres souffrants de 
Jésus-Christ leur Epoux. C'est pourquoi elles 
ne donneront jamais aucun ordre aux domes- 
tiques de la maison, mais elles leur deman- 
deront toujours poliment ce dont elles ont be- 
soin; pour le même motif elles ne feront dans 
les maisons, où elles sont envoyées, d'autre 
travail que celui exigé par le service des ma- 
lades. Si on voulait les charger de l'une ou 
de l'autre besogne étrangère à ce service, elles 
répondront avec politesse que leur Règle et 
leurs Supérieurs ne le leur permettent point, 

4. Elles entreront aussi peu que possible 



- 96 - 

en conversation avec les personnes de la mai- 
son et surtout avec les domestiques; jamais elles 
ne parleront de la direction intérieure de leur 
couvent, de leurs Supérieurs ou de leurs Con- 
sœurs. 

Elles seront polies envers tout le monde, 
grands ou petits, sans être jamais familières* 
avec personne. 

5. Elles s'abstiendront de parler à qui que 
ce soit, tant au couvent qu'au dehors, de ce 
qu'elles ont entendu ou observé dans les mai- 
sons des malades, sauf à leur Supérieure, pour 
autant que ces renseignements peuvent lui être 
nécessaires ou utiles pour la direction. 

6. Pendant leur séjour dans les maisons 
des malades, elles doivent être exactes à dire 
leur office, à faire leur méditation et leurs autres 
exercices de piété, à assister journellement à la 
Sainte Messe, à se confesser et à communier 
aux jours de règle. Cependant elles ne peuvent 
jamais perdre de vue que leur premier devoir 
est de soigner leurs malades. A cette fin, elles 
régleront leurs exercices spirituels de telle sorte 
que le service des malades n'en souffre point; 
elles peuvent au besoin les abréger ou les 
omettre, mais dans ce cas elles doivent avoir 
obtenu préalablement la permission de la Mère' 
ou la demander aussitôt que possible. 

7. Elles doivent veiller spécialement à ce que 



— 97 — 

les malades reçoivent les Sacrements des mou- 
rants en temps utile, et elles consulteront le 
médecin à ce sujet. 

8. Pour ce qui concerne la table, elles 
se conformeront aux usages de la maison où 
elles se trouveat et aux prescriptions de leur 
Sainte Règle, de sorte qu'elles se contenteront 
de trois repas par jour, hors desquels elles 
ne mangeront ni ne boiront sans une véritable 
nécessité. Elles ne prendront jamais leurs repas 
à la table des domestiques, mais ou bien seules, 
ou avec les maîtres de la maison, qu'elles auront 
soin d'avertir poliment si la chose est nécessaire. 

9. Enfin elles se conduiront conformément 
à ce que prescrit le Chapitre XII de la clôture 
et des sorties; en particulier, elles s'abstiendront 
d'adresser en rue la parole à qui que ce soit, et 
à plus forte raison de s'arrêter en chemin pour 
lier conversation. 



CONCLUSION FINALE, 

Que les Sœurs se rappellent les paroles de 
l'Esprit Saint, parlant par la bouche de S. Paul 
à son disciple Timothée, i^, IV, i5 et 16 : 
Méditez ces salutaires prescriptions, soyez tout entières 
à les pratiquer, afin que votre avancement dans la per- 
fection apparaisse aux yeux de tous Persévérez dans 

cette observance, car, ce faisant, vous vous sauverez 
vous-mêmes et ceux qui vous sont confiés. 



FORMULAIRE. 



I. — Formules à signer le jour de l'admis- 
, sion d'une Postulante. 

FORMULE I. 

Moi, soussignée, N. N., désirant embrasser 
la vie religieuse dans la Communauté des Sœurs 

de , à , 

je déclare et promets par la présente de me 
conformer en tout, pour le présent et pour l'ave- 
nir, aux Constitutions et à la Règle de la Com- 
munauté susdite, approuvées et édictées par 
Monseigneur Waffelaert, Évêque de Bruges, et 
particulièrement au contenu du Chapitre VIII 
des Constitutions, relatif à l'admission et à la sottie 
des Postulantes, des Novices et des Sœurs, lequel Cha- 
pitre je déclare avoir lu attentivement. 

En foi de quoi j'ai remis la présente dé- 
claration à la demoiselle N., Supérieure de la 
dite Communauté, vis à vis de laquelle notam- 
ment et de ses successeurs légitimes je prends 
les engagements y contenus. 

Fait à , le .- . . . 

[Signature.) 



lOO 



FORMULE 2. 



Nous (ou Moi) soussignés, N. N., Parents 
(ou Père, Mère, ou Tuteur) de la susdite N. N., 
acceptons et ratifions les déclarations et enga- 
gements ci-dessus, contractés par elle. 



Fait à le 



[Signature.) 

Si 

N. B. Ces formules i et 2 doivent être écrites de la 
main des signataires. 



FORMULE 3. 

Nous soussignés, N. N., déclarons que la 
susdite N. N. a signé de sa main, en notre 
présence, et en toute liberté, la déclaration et 
l'engagement ci-dessus. 

Fait à , le 

{Signature.) 



-40t-^ 



lOI 



II. — Formule à signer avant la profession, 

(la nouvelle professe ayant atteint l'âge de la 

majorité). 

FORMULE 4. 

Entre 

i» Mademoiselle A, en religion Sœur N., 

Supérieure [générale] de la Communauté reli- 

( enseignante , ,. , ^ 

gieuse , ° ,., dite des Sœurs , 

f hospitalière ) 

établie à , et y résidant, d'une part, 

Et 2» Mademoiselle B, sans profession, 

habitant à , mais élisant domicile 

légal à [commune où la maison-mère de la 
Communauté religieuse est établie], d'autre part. 
Il a été stipulé et convenu comme suit : 
Mademoiselle B a demandé à Mademoi- 
selle A de pouvoir, ensemble avec elle, et avec 
les autres demoiselles, composant la Commu- 

à l'œuvre de 
au soin des 



nauté qu'elle dirige, s'adonner j 

r renseignement et de l'éducation de la jeunesse, ^ 
1 malades et infirmes, i 

par amour pour Dieu et par pure charité chré- 
tienne, et sous la stricte observation des Con- 
stitutions et Règles de la Communauté susdite; 
Mademoiselle A, moyennant une épreuve 
préalable, a consenti à la demande de Made- 



I02 

moiselle B, sous les conditions suivantes, les- 
quelles cette dernière déclare accepter sans ré- 
serve et sans exception, savoir : 

1° Mademoiselle B consacrera toute son 
activité et tout son temps aux œuvres ou tra- 
vaux auxquels il plaira à la Sœur Supérieure 
de l'employer, soit à la maison-mère à .... , 
soit dans toute autre maison affiliée à la Com- 
munauté. 

Elle ne recevra ni ne revendiquera aucune 
rémunération ou compensation quelconque autre 
que l'entretien ordinaire, en état de santé comme 
en maladie, selon les us et coutumes de la 
Communauté, et sur le même pied que les autres 
membres; étant bien expressément entendu et 
convenu que tout le produit de ses travaux et 
services rendus sera acquis aux œuvres [cha- 
ritables ou pieuses] auxquelles la Communauté 
est vouée, sans qu'on puisse en exiger aucun 
compte ou justification. 

2° Mademoiselle B versera entre les mains 
de la contractante d'une part la somme de 

francs, moyennant lequel versement 

elle recevra le trousseau nécessaire. 

3° Elle aura le, droit de quitter la Com- 
munauté, dès qu'elle en exprimera le désir. 

Au cas de départ volontaire, il lui sera 
immédiatement remboursé une somme de ... . 
francs, en monnaie courante, et de plus, dès 



— io3 — 

qu'elle fera restitution des habits religieux de 
la Communauté, une autre somme de ... . 
francs, à l'effet de se procurer des habits séculiers. 

40 Elle pourra aussi être renvoyée de la 
Communauté, par décision de la Supérieure, 
pour des raisons dont deux autres membres 
de la Communauté auront reconnu le bien 
fondé. Toutefois,' elle pourra appeler de cette 
décision à l'Évêque diocésain. Dans ce cas, 
sous peine de déchéance de ce droit d'appel, 
et en attendant qu'une' décision intervienne, 
elle devra, si l'Évêque le prescrit, se rendre 
en telle maison, quelle qu'elle soit, qui lui 
sera indiquée. 

Au cas de renvoi, n'importe pour quelle 
raison. Mademoiselle B sera autorisée à recevoir 
le remboursement, (sans les intérêts échus), de la 

somme de francs qu'elle a versée à son 

entrée ; un premier remboursement de 

francs sera effectué, au moment qu'elle quitte le 
couvent ; — ce qu'elle s'oblige, en toute éven- 
tualité, à faire, le jour même où la décision 
de la Supérieure sera devenue irrévocable ; — 

le second et dernier versement des 

francs restants se fera en déans les trois mois 
qui suivront son départ. 

50 Elle prend l'engagement de déposer 
l'habit religieux de la Communauté dès qu'elle 
aura quitté le couvent, à moins d'une autori- 



— I04 — 

sation contraire et expresse de la part de l'Évêque. 

6° Toute prétention à une indemnité quel- 
conque, ou à un droit sur quelque bien que 
ce soit, meuble ou immeuble, à l'usage de la 
Communauté, ou se trouvant dans les maisons 
desservies par celle-ci, est, dès maintenant, dé- 
clarée non recevable, à moins que la préten- 
tion ne s'appuie sur un acte en règle, qui ait 
pour objet direct la reconnaissance du droit, 
dont se prévaut Mademoiselle B. 

7° Tout différend relatif à l'interprétation 
ou à l'exécution de la présente convention, 
sera jugé, sans appel, par Monsieur le Curé de 
la paroisse, en activité de service lors de la 
naissance du différend, ou, en cas de décès, par 
son successeur; il portera son jugement en ar- 
bitre et médiateur à l'amiable, dispensé de 
toute forme quelconque de procédure. 

Ainsi fait en double, dont chacune des sous- 
signées a retiré un original, à , 

le 

N. N. N. N. 



r 




— io5 — 
FORMULE 5. 

OOl^FTE (l). 
Couvent dé à 

Exercice du i Septembre 189, ait, i Septembre 189. 

Observations préliminaires. 

I. — Population. 

1. Religieuses professes 

Novices 

Postulantes 

2. Elèves pensionnaires 

Demi-pensionnaires 

Externes 

Dames en pension. Orphelines. 

3. Domestiques 



(i) Les comptes se clôturent au i^^' Septembre de 
chaque année. 

Les comptes annuels à rendre, au mois de Septembre, 
par les Supérieures locales (Chap V desConst., IIL a), 
doivent être rédigés d'après le modèle de la formule 5. 
Au mois d'Octobre, la Supérieure générale fait parvenir 
à l'Évéché (Chap. IV des Const. , V, 2) les divers comptes 
particuliers, en les accompagnant des observations qu'elle 
croit nécessaires, ainsi que d'un relevé, en double, repro- 
duisant, pour chaque maison, les seuls postes marqués 
d'un astérisque, au modèle ci-contre. Un double de ce 
relevé général, et les comptes particuliers, seront ren- 
voyés à la maison-mère, après examen et approbation. 

On peut se procurer des modèles de compte chez G. De Haene, 
imprimeur de rÉvêciié, rue Notre-Dame, 27, Bruges. 



— io6 — 

II. — Pension. Prix d'entretien. 

1. Prix de la pension des internes . 

2. Prix de la demi-pension 

3. Minerval des externes 

4. Prix de la joarnée d'entretien des 

orphelines, etc 

5. Conditions des contrats à forfait . 

III. — Sommes non portées en Compte. 

I. Total des recettes à effectuer encore, 
le jour de la clôture du présent compte. 
aj Pour compte du dernier exercice. 
bj Pour compte d'un exercice anté- 
rieur 



(*) Total des créances à recevoir . 

2. Total des dépenses à payer encore. 
aj Pour compte du dernier exercice. 
bj Pour compte d'un exercice anté- 
rieur 



(*) Total des dettes à payer. 



-<>o>»;o-"- 



I07 — 



RECETTES. 

I. — Recettes ordinaires. 

1. Revenus, fermages, loyers . 

2. Rentes, produits de placement di- 

vers 

3. Produit des fondations . . . . 

4. Montant des sommes payées par 

les pensionnaires 

5. Montant des sommes payées par 

les demi-pensionnaires . 

6. Total du minerval et accessoires. 

7. Total du prix des journées d'en- 

tretien 

8. Subsides 

«/ 

bl 

cl 

^/ ■ . 

9. i\utres recettes ordinaires : 

aj 

bl . . .■ ' . . 

cl ... ^ 



FR. 



Total 



— io8 — 

II. — Recettes extraordinaires. 

1. Encaisse à la clôture du compte 

précédent 

2. Anciennes créances recouvrées. 

3. Dots versées par les Novices . 

4. Dépôts 

5. Emprunts 

6. Autres recettes extraordinaires : 

«/ 

bl 

c/ 

Total 
RÉCAPITULATION. 



FR. 



(*) Recettes ordinaires 

(*) Recettes extraordinaires 



(*) Total général des recettes 



— log — 



DEPENSES, 

I. — Dépenses ordinaires. 

Objets de consommation : 

1° Frais de ménage 

2° Feu et lumière 

3*^ Fournitures de classe, distri- 
butions de prix, etc. 

Frais d'entretien : 
1° Frais du culte, et entretien de 

la chapelle 

2*^ Entretien des bâtiments 
S*' Entretien du mobilier : 

a/ Du Couvent 

bj Des classes 

4° Lingerie 

Pensions et gages : 
1° Frais de direction .... 
2° Honoraires du médecin, phar- 
macien 

3° Gages des domestiques, 
4° Salaires des ouvriers. 

Dépenses diverses : 
1° Frais des vêtures et professions, 
2" Retraites annuelles . , . . 
3° Assurances et contributions . 
4° Fermages et loyers . . . . 
5° Intérêts des capitaux empruntés 



FR. 



Total 



IIO 



II. — Dépenses extraordinaires. 

1. Déficit du compte précédent . 

2. Placement des dots 

3. » d'autres capitaux. 

4. Remboursement d'emprunt . 

5. Constructions nouvelles, ou grosses 

réparations 

6. Achat de nouveaux meubles . 

7. Acquisition d'immeubles .... 

8. Autres dépenses extraordinaires 

W 

bl 

cl 

Total. 



FR. 



C. 



RECAPITULATION. 

(*) Dépenses ordinaires . . . . , 
(*) Dépenses extraordinaires 

(*) Total général des dépenses. 
(*) BALANCE. 



(*) Total des recettes . 
(*) Total des dépenses 



(*) Solde. 



T^A^BLE. 



PREMIERE PARTIE. 

CONSTITUTIONS. 

Chapitre I. — Administration des Commu- 
nautés religieîises et des maisons affiliées . 5 

Chapitre II. — Élection de la Supérieure gé- 
nérale et des Sœurs Conseillères ^ . . 7- 

Chapitre III. — Nomination aiix attires dignités 

et aux différents offices 17 

Chapitre IV. — Office de la Supérieure gé- 
nérale ou de la M ère- Supérieure de Lhmique 
maison existante ig 

Chapitre V. ^ — De V office de la Mère, de la 
Mère-Vicaire et de la seconde Assistante 

des maisons affiliées 26 

Chapitre VI. — : Des Sœurs Conseillères . . 28 
Chapitre VIL — De la Maîtresse des Novices. 3o 
Chapitre VIII. — Admission et sortie des 

Postulantes, des Novices et des Sœurs . 84 
Chapitre IX. — Vœux et Engagements de la 

vie religieuse 40 

§ I. — Du vœu de pauvreté 41 



112 



§ 2, — Du vœu de chasteté ^3 

§ 3 . — Dît vœu d'obéissance 44. 

Chapitre X. — Décret de la S. Congrégation 
des Evèques et Réguliers, en date du 
17 Décembre 1890, dont lecture doit être 
donnée chaque année dans toutes les Com- 
munautés religieuses et dont la copie doit 
être insérée dans Iss Constitutions ... 45 

DEUXIEME PARTIE. 

RÈGLE DE VIE. 

Chapitre I. — Considérations générales sur la 

sainte Régie 53- 

Chapitre II. — De la charité, et de la con- 
duite des Sœurs entre elles 55 

Chapitre III. — De V humilité et de l'obéissance. 5/ 

Chapitre IV. — De la chasteté et de la mor- 
tification 59 

Chapitre V. — De la pauvreté . . . . 61 

Chapitre VI. — De l'ordre du jour et des 

exercices de la journée 62 

Chapitre VII. — Des exercices de piété et de 

la fréquentation des Sacretnents. . . . 65 

Chapitre VIII. — Du silence 71 

Chapitre IX. — De la récréation .... 73 



— ii3 — 

Chapitre X. — Des repas 74 

Chapitre XL — Du Chapitre des coulpes . 77 

Chapitre XII. — De la clôture, des sorties 

des Sœurs et des visites 79 

Chapitre XIII. — Du soin des Sœurs ma- 
lades. Des décès et des funérailles. . . 84 

Chapitre XIV. — Quelques conseils spéciaux 

pour les Sœurs enseignantes 86 

Chapitre XV. — Conseils aux Sœurs hospi- 
talières et garde-malades 92 

CONCLUSION 97 

FORMUL.^IRE. 

Formules à signer lors de l'admission d'une 

Postulante 99 

Formules à signer avant la Profession . . .101 

Fornmles pour la reddition des comptes annuels. . io5